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À Cape Town, le Mali redéfinit sa stratégie minière sur la scène africaine

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

 

« Il ne s’agit plus seulement d’extraire, mais de transformer ». À Mining Indaba 2026, cette idée traverse les échanges autour du Mali, de retour au forum après deux années d’absence. Dans les allées de Cape Town, la délégation malienne affiche une posture assumée : reprendre l’initiative et redonner du sens à la place du secteur minier dans l’économie nationale.

 

Contrairement aux participations passées, la présence malienne se distingue par sa configuration élargie. Aux côtés de l’administration, on retrouve des banques, des entreprises de sous-traitance et des opérateurs économiques qui travaillent déjà avec les mines industrielles installées dans le pays. Un signal fort envoyé aux partenaires : le Mali ne vient pas seul, mais avec son écosystème.

 

Cette démarche traduit une évolution stratégique. Le pays ne cherche plus uniquement à rassurer ou à séduire, mais à discuter d’égal à égal, poser ses conditions et construire des partenariats structurants. Les échanges engagés portent autant sur l’investissement que sur la manière dont la valeur minière est produite, partagée et réinjectée dans l’économie locale.

 

Au cœur des discussions, la notion de souveraineté minière occupe une place centrale. Elle dépasse la simple propriété des ressources du sous-sol. Elle englobe la capacité à fixer les règles du jeu, à renforcer le rôle de l’État et des collectivités, et à faire du contenu local un levier réel de développement. Emplois, achats locaux, sous-traitance nationale, formation et transfert de compétences sont désormais présentés comme des exigences opérationnelles, et non comme des intentions.

 

Mining Indaba devient ainsi une tribune pour exposer une trajectoire : passer progressivement d’un modèle centré sur l’extraction à une logique de création de valeur durable. Si l’or reste un pilier du secteur, l’intérêt pour le lithium et d’autres minerais stratégiques s’inscrit dans une réflexion plus large, liée aux nouvelles chaînes d’approvisionnement et aux enjeux des minéraux critiques.

 

La présence simultanée des décideurs publics, des opérateurs et des sous-traitants renforce la crédibilité de ce discours. Elle donne à voir un Mali capable de structurer des projets, d’exécuter des engagements et de transformer les annonces en résultats concrets. Le message porté à Cape Town est sans ambiguïté : la mine doit financer, structurer et contribuer à l’industrialisation, pas seulement produire.

 

Reste désormais à mesurer, au sortir du forum, comment ces positions se traduiront en accords, en investissements ciblés et en partenariats durables. Les prochains mois diront si cette reprise d’initiative marque un tournant réel pour le secteur minier malien.

 

 Oura KANTE

Malikunafoni

Mali-EcoFinews

 

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