Confédération des États du Sahel, réforme de la Fonction publique et enjeux sanitaires au cœur du Conseil des ministres
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« Il s’agit de poser des bases solides pour une action commune et durable. » Cette ambition a traversé l’ensemble des décisions prises lors du Conseil des ministres tenu le vendredi 13 février 2026 au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’État.
Réunis en session ordinaire, les membres du Gouvernement ont abordé des dossiers structurants touchant à l’intégration régionale, à la gouvernance administrative, à l’exploitation minière, mais aussi aux défis sociaux et sanitaires du pays.
La Confédération AES franchit une étape décisive
Au centre des échanges figure l’opérationnalisation de la Confédération des États du Sahel. Le Conseil a approuvé plusieurs projets de textes permettant la ratification de protocoles additionnels au Traité fondateur adopté à Niamey en juillet 2024.
Ces protocoles, validés lors de la deuxième session du Collège des Chefs d’État tenue à Bamako en décembre 2025, couvrent des domaines clés : développement, diplomatie, défense et sécurité, ainsi que le fonctionnement des sessions confédérales des Parlements.
Concrètement, ces instruments juridiques visent à harmoniser les politiques publiques, coordonner les positions diplomatiques, mettre en place une architecture de défense collective et définir le cadre institutionnel de la représentation parlementaire au sein de l’espace confédéral. Leur entrée en vigueur marque une avancée majeure vers une intégration plus cohérente des États membres.
Mine de Loulo : dix années supplémentaires d’exploitation
Sur le plan économique, le secteur minier a également retenu l’attention. Le Conseil a autorisé le renouvellement du permis d’exploitation de la mine d’or de Loulo, exploitée par la Société des Mines de Loulo (SOMILO S.A.).
Une nouvelle étude de faisabilité réalisée par BARRICK Mining Corporation a révélé l’existence de réserves exploitables sur plusieurs années, tant en mines à ciel ouvert qu’en souterrain, avec une production annuelle estimée à plus de 420 000 onces d’or. Le permis est ainsi prolongé pour une durée de dix ans, conformément aux dispositions du Code minier en vigueur.
Fonction publique : un nouveau cadre pour une gestion modernisée
Autre décision structurante : l’adoption d’un projet d’ordonnance portant nouveau Statut général des Fonctionnaires. Cette réforme vise à corriger les limites constatées dans l’application du texte en vigueur depuis 2002.
Le nouveau dispositif introduit plusieurs innovations, notamment un système d’évaluation en remplacement de la notation classique, une meilleure prise en compte du Service national des Jeunes dans le parcours professionnel, une rationalisation de la formation continue et l’instauration d’une indemnité de départ à la retraite. Il s’inscrit dans la mise en œuvre des recommandations issues du Dialogue inter-Maliens et de la Conférence sociale.
Nominations et gouvernance administrative
Au titre des mesures individuelles, le Conseil a procédé à des nominations ciblées. Le Lieutenant-colonel Samba Coulibaly est nommé Conseiller consulaire au Consulat général du Mali à Abidjan, tandis que Yaya Konaté, journaliste et réalisateur, prend la direction générale de l’Office de Radio et Télévision du Mali (ORTM).
Assainissement, jeunesse, enseignement et sécurité sanitaire
Le volet des communications a permis d’aborder des enjeux de société majeurs. Le Gouvernement a pris acte de la nouvelle Politique nationale d’Assainissement et de son plan d’actions 2026-2030, conçu pour améliorer durablement le cadre de vie des populations.
Le Conseil a également été informé de la participation du Mali aux travaux de l’École africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme, marquée par l’élection du ministre malien de l’Enseignement supérieur à la présidence du Conseil d’administration.
La rentrée prochaine de la septième cohorte du Service national des Jeunes, prévue le 24 février 2026, mobilisera plus de 1 900 bénéficiaires issus de divers corps professionnels, renforçant ainsi l’instruction civique et la préparation à la défense nationale.
Sur le plan économique, le lancement de la campagne sucrière 2025-2026 de SUKALA et N-SUKALA devrait couvrir près d’un tiers des besoins nationaux, avec des dispositions spécifiques pour le mois de Ramadan.
Enfin, la situation épidémiologique, marquée par une hausse des cas de dengue, a conduit le Chef de l’État à appeler les populations à un strict respect des mesures de prévention.
Une feuille de route dense pour les mois à venir
À travers ces décisions, le Conseil des ministres trace une feuille de route mêlant intégration régionale, réformes internes et réponses aux urgences sociales et sanitaires. Les prochaines semaines permettront de mesurer l’impact concret de ces orientations sur la vie des citoyens et sur la trajectoire institutionnelle du pays.
Oura KANTE
Malikunafoni
Communiqué du Conseil des ministres du 13 février 2026.










































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