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Ver de Guinée : le Mali se rapproche de l’éradication totale, mais reste en alerte

  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

 

« Zéro cas humain notifié sur toute l’année ». Ce constat, rare dans l’histoire sanitaire récente du Mali, a dominé les échanges lors de la revue 2025 du Programme national d’éradication du ver de Guinée, tenue le 12 février 2026 à Bamako, sous la présidence de la ministre de la Santé et du Développement social, le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré.

 

Après des décennies de lutte contre cette maladie parasitaire invalidante, le Mali franchit une étape décisive. En 2025, aucun cas humain n’a été officiellement enregistré sur le territoire national, malgré des contraintes persistantes liées à l’insécurité et à l’accès limité à certaines zones endémiques. Pour les autorités sanitaires, ce résultat est le fruit d’un travail de terrain intensif et coordonné.

 

Dans les régions historiquement touchées de Ségou et Mopti, les services de santé humaine et animale ont renforcé la surveillance durant la période de haute transmission. Six districts ont fait l’objet d’actions ciblées, combinant suivi communautaire, contrôle des points d’eau et interventions rapides face aux suspicions de cas. Cette approche a permis de contenir la maladie à son principal foyer résiduel : les infestations animales.

 

Sur ce volet, les indicateurs montrent une évolution positive. Dix-sept cas d’infestation chez des chiens et des chats ont été recensés en 2025, contre vingt-huit en 2024, traduisant un net recul. Ces cas sont restés localisés dans quelques districts précis de Ségou et Mopti, confirmant une circulation limitée mais toujours active du parasite.

 

Parallèlement, les régions déjà libérées du ver de Guinée — de Kayes à Kidal, en passant par Bamako — poursuivent les activités de surveillance renforcée et de pré-certification. L’objectif est clair : éviter toute résurgence, notamment dans les zones frontalières, les sites de déplacés ou les localités confrontées à l’insécurité.

 

Lors des échanges, la ministre de la Santé a salué l’engagement des agents de santé, des volontaires communautaires et des populations locales, dont le rôle reste central dans la détection précoce et la notification des cas suspects. Elle a également rappelé que plusieurs défis demeurent, notamment la continuité des infestations animales dans certaines zones difficiles d’accès et l’insuffisance de remontée des rumeurs sanitaires dans des districts pourtant déclarés indemnes.

 

Face à ces enjeux, les autorités entendent renforcer la surveillance communautaire, améliorer la collaboration avec les services vétérinaires et intensifier la communication autour du système de récompense lié à la notification des cas. Le traitement préventif des points d’eau suspects et le suivi rigoureux des animaux dans les villages endémiques figurent également parmi les priorités.

 

En conclusion, Assa Badiallo Touré a réaffirmé la détermination du Mali à mettre fin définitivement à la transmission du ver de Guinée. Avec l’appui constant des partenaires techniques et financiers, notamment l’OMS, le Carter Center et l’UNICEF, le pays entend transformer ces acquis en victoire sanitaire durable, inscrivant cette lutte dans un combat plus large contre la pauvreté et les maladies évitables.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

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