États-Unis : la justice valide des frais records sur les visas H-1B, la tech sous pression
- malikunafoninet
- 25 déc. 2025
- 2 min de lecture

Cent mille dollars. C’est désormais le prix à payer pour certains visas de travail parmi les plus convoités aux États-Unis. Une juge fédérale a donné raison à l’administration Trump en autorisant l’application de frais exceptionnels sur les visas H-1B, largement utilisés dans les secteurs de la technologie, de la recherche et de l’ingénierie.
Annoncée par Donald Trump en septembre, cette mesure s’inscrit dans une ligne politique assumée depuis son premier mandat : restreindre l’accès des travailleurs étrangers qualifiés au marché de l’emploi américain afin de privilégier la main-d’œuvre nationale. Les visas H-1B permettent pourtant à des profils très spécialisés — ingénieurs, informaticiens, scientifiques — de travailler légalement aux États-Unis lorsqu’ils disposent de compétences rares.
La décision a immédiatement suscité une vive opposition. Les entreprises de la tech, fortement dépendantes de ces talents étrangers, mais aussi plusieurs universités et des pays partenaires comme l’Inde, ont dénoncé un coup porté à l’innovation américaine. La Chambre de commerce des États-Unis et l’Association des universités américaines (AAU) ont ainsi saisi la justice, estimant que le président outrepassait ses prérogatives.
Dans une décision consultée par l’AFP, la juge fédérale Beryl Howell a toutefois estimé que le cadre légal était respecté. Selon elle, le Congrès a conféré au président des pouvoirs étendus lui permettant d’agir lorsqu’il estime qu’une mesure relève de la sécurité économique et nationale. La proclamation présidentielle et sa mise en œuvre sont donc jugées conformes au droit, balayant les arguments des plaignants.
Créé pour répondre aux besoins spécifiques du marché du travail américain, le visa H-1B est délivré pour une durée initiale de trois ans, renouvelable jusqu’à six ans. Chaque année, 85.000 visas sont attribués par un système de loterie, dont près de 75 % bénéficient à des ressortissants indiens, selon les chiffres officiels.
Au-delà du secteur technologique, la mesure inquiète aussi les hôpitaux et les établissements scolaires. Une autre procédure judiciaire, engagée en octobre par une coalition d’hôpitaux, d’écoles et de syndicats, dénonce l’impossibilité de recruter des médecins et des enseignants étrangers à un coût aussi élevé.
Alors que la décision judiciaire conforte la Maison-Blanche, le débat reste ouvert sur ses conséquences à long terme : frein à l’attractivité des États-Unis pour les talents internationaux ou recentrage durable sur l’emploi national, au risque de pénuries dans des secteurs clés.
Oura KANTE
Malikunafoni
AFP










































Commentaires