À Salémata, l’État parie sur l’excellence pour transformer l’éducation dans l’Est du Sénégal
- malikunafoninet
- il y a 10 heures
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Dans l’extrême Sud-Est du Sénégal, là où l’accès aux infrastructures éducatives de haut niveau reste un défi historique, un geste fort a été posé. En visite à Kédougou pour la seconde étape de sa tournée dans le Sénégal oriental, le président Bassirou Diomaye Faye a lancé, dans le département de Salémata, la construction d’un établissement appelé à redessiner la carte de l’excellence scolaire : le Lycée Armée-Nation pour la Qualité et l’Équité (LYNAQE).
Réduire la distance entre territoires et excellence
La pose de la première pierre du LYNAQE ne relève pas d’un simple acte symbolique. Elle s’inscrit dans un programme national qui vise à corriger les inégalités territoriales en matière d’éducation. Pendant longtemps, les établissements d’élite ont été concentrés dans les grands centres urbains, creusant l’écart entre les régions.
Avec les LYNAQE, l’État sénégalais fait le choix inverse : rapprocher une formation d’excellence des zones souvent éloignées des pôles académiques, et offrir aux élèves talentueux, où qu’ils se trouvent, les mêmes chances de réussite.
Former les scientifiques de demain
Au cœur du projet, une ambition clairement affichée : renforcer les filières scientifiques et techniques. Les LYNAQE sont conçus pour encourager les vocations dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques, considérés comme des leviers essentiels du développement.
L’objectif est double. D’une part, améliorer la qualité des apprentissages dans des environnements pédagogiques exigeants. D’autre part, rééquilibrer un système éducatif longtemps marqué par une sous-représentation des profils scientifiques, pourtant indispensables à l’innovation et à la souveraineté économique.
Excellence et justice sociale, un même combat
Contrairement à certaines idées reçues, l’excellence défendue par le projet LYNAQE ne se veut pas exclusive. Le modèle repose sur un recrutement par concours national, garantissant la diversité des origines géographiques et sociales des élèves.
Chaque établissement accueillera environ 600 élèves, de la sixième à la terminale, avec un objectif affirmé de parité entre filles et garçons. Les profils issus de l’enseignement franco-arabe et les élèves en situation de vulnérabilité y auront également toute leur place, traduisant une volonté d’équité réelle, au-delà des discours.
Un modèle éducatif hybride et structurant
Les LYNAQE prendront la forme de vastes campus en internat, d’environ dix hectares, conçus comme des espaces de vie, d’apprentissage et de formation citoyenne. Le concept Armée-Nation, qui structure ces établissements, met l’accent sur la discipline, la rigueur, le civisme et le sens des responsabilités.
L’encadrement sera assuré conjointement par l’Éducation nationale et les Forces armées, dans une approche complémentaire visant à conjuguer exigence académique et cadre structurant. L’enjeu n’est pas seulement de former de bons élèves, mais aussi des citoyens engagés et responsables.
Un investissement stratégique pour le Sénégal de demain
À travers ce projet, le pouvoir exécutif affirme une vision de long terme : celle d’un capital humain solide, scientifique et techniquement compétent, capable de soutenir la transformation économique du pays. Le LYNAQE apparaît ainsi comme un outil stratégique au service de la souveraineté nationale, de l’innovation et de la compétitivité.
La pose de la première pierre à Salémata marque donc bien plus que le début d’un chantier. Elle symbolise une orientation politique assumée : faire de l’excellence un instrument de cohésion nationale et un moteur de justice sociale.
Une dynamique appelée à s’étendre
D’autres régions sont appelées à accueillir, à leur tour, des lycées de ce type. À mesure que le programme se déploiera, il sera scruté à l’aune de ses résultats concrets : réussite scolaire, diversité sociale, insertion dans les filières stratégiques.
À Salémata, l’État a envoyé un message clair : l’avenir du Sénégal se construit aussi dans ses territoires les plus éloignés, en misant sur le savoir, la discipline et l’égalité des chances.
Oura KANTE
Malikunafoni
News Afrique










































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