Relations Burkina Faso–Vatican : une diplomatie de terrain face aux défis du Sahel
- malikunafoninet
- 12 janv.
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« La crise du Sahel doit être regardée pour ce qu’elle est réellement. » Cette conviction, exprimée par le Nonce apostolique au Burkina Faso à l’issue de son audience, résume l’esprit des échanges tenus le lundi 12 janvier 2026 à Ouagadougou entre les autorités burkinabè et le représentant du Saint-Siège.
Reçu par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur, SEM Karamako Jean Marie Traoré, en présence de la ministre déléguée chargée de la Coopération régionale, Monseigneur Éric Soviguidi a exposé la vision et les priorités du Vatican dans un contexte sahélien marqué par l’insécurité, les déplacements massifs de populations et les tensions sociales.
Au cœur des discussions : le rôle que peut jouer l’Église catholique, au-delà de sa mission spirituelle, dans l’accompagnement des communautés fragilisées. Présente sur le terrain à travers des structures éducatives, sanitaires et humanitaires, l’Église se positionne comme un acteur de proximité, engagé auprès des personnes déplacées internes et des populations affectées par la crise sécuritaire.
Les deux parties ont également insisté sur un enjeu jugé stratégique : la lutte contre le financement du terrorisme. Pour le chef de la diplomatie burkinabè comme pour le Nonce apostolique, cette bataille ne peut être gagnée qu’à travers une approche collective, fondée sur une lecture commune de la menace et une coordination renforcée entre les États de la sous-région.
La dimension internationale n’a pas été en reste. Le Saint-Siège, par sa voix et son influence diplomatique, est perçu par Ouagadougou comme un relais capable de porter la réalité du Sahel sur la scène mondiale, afin que cette crise ne soit ni minimisée ni instrumentalisée dans les relations internationales.
Monseigneur Éric Soviguidi a, par ailleurs, salué les initiatives de développement engagées par les autorités burkinabè, citant notamment le programme Faso Mêbo, auquel l’Église entend apporter son soutien. Il a annoncé que sa mission se poursuivra par des visites sur le terrain, dans l’objectif d’identifier concrètement les actions à renforcer ou à initier.
Une démarche vivement encouragée par le ministère des Affaires étrangères, qui voit dans ce dialogue avec le Vatican un levier supplémentaire pour faire reconnaître l’ampleur des défis sahéliens et mobiliser des partenariats fondés sur une compréhension juste des réalités locales.
À terme, ces échanges pourraient déboucher sur une coopération plus structurée, mêlant action humanitaire, plaidoyer diplomatique et engagement communautaire, au service de la stabilité et du développement du Burkina Faso.
Oura KANTE
Malikunafoni










































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