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Redevances aurifères : une réforme fiscale du Ghana provoque une mobilisation diplomatique internationale

  • il y a 21 heures
  • 3 min de lecture

 

« C’est la première fois que je vois la communauté diplomatique se mobiliser à une telle échelle sur une question fiscale. » Cette confidence d’un acteur du secteur minier illustre l’ampleur des pressions exercées sur le Ghana autour d’une réforme sensible de sa fiscalité sur l’or.

 

Premier producteur d’or du continent africain, le pays envisage de revoir en profondeur le système de redevances appliqué aux compagnies minières. L’objectif affiché par Accra est d’augmenter la part des revenus publics tirés de l’exploitation de ce métal précieux, alors que les prix mondiaux de l’or atteignent des niveaux historiquement élevés.

 

Une réforme pour capter davantage de revenus

 

Le projet du gouvernement ghanéen prévoit d’abandonner la redevance fixe de 5 % actuellement en vigueur. Elle serait remplacée par un mécanisme progressif, compris entre 5 % et 12 %, ajusté en fonction de l’évolution des prix de l’or sur le marché international.

 

Pour les autorités, cette formule permettrait au pays de bénéficier davantage des périodes de forte hausse du métal jaune, une ressource stratégique pour l’économie nationale.

 

Mais du côté des sociétés minières, l’inquiétude est palpable. Les entreprises estiment que les taux les plus élevés de cette nouvelle grille pourraient alourdir considérablement leurs charges et placer le Ghana parmi les environnements fiscaux les plus coûteux pour l’industrie minière en Afrique.

 

Une intervention diplomatique inhabituelle

 

Selon des informations rapportées par Reuters, plusieurs puissances étrangères se sont impliquées directement dans le débat. Les États-Unis, la Chine, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et l’Afrique du Sud auraient coordonné leurs démarches auprès des autorités ghanéennes.

 

Des représentants diplomatiques de ces pays ont récemment rencontré le ministre ghanéen chargé des Terres et des Ressources naturelles afin d’exprimer leurs préoccupations concernant l’impact potentiel de la réforme sur les activités minières.

 

Le groupe souhaiterait également poursuivre les discussions avec le ministère des Finances afin de trouver un compromis.

 

Les grandes compagnies minières montent au créneau

 

Parallèlement à ces démarches diplomatiques, les dirigeants de plusieurs multinationales de l’or ont eux aussi transmis leurs réserves au gouvernement. Les responsables de grands groupes comme Newmont, Gold Fields, AngloGold Ashanti ou Perseus ont évoqué les risques que pourrait représenter cette réforme pour la rentabilité de leurs opérations dans le pays.

 

Les entreprises chinoises présentes dans l’exploitation aurifère ghanéenne ont également réagi. Des sociétés telles que Zijin, Chifeng ou Shandong Gold ont officiellement signalé que l’augmentation des redevances pourrait fragiliser certains projets miniers.

 

Une association représentant les intérêts miniers sino-ghanéens a même averti que plusieurs sites pourraient voir leur viabilité économique remise en cause si les nouvelles règles entraient en vigueur sans modification.

 

Un secteur pourtant très rentable

 

Cette contestation intervient alors que les grandes sociétés minières affichent des résultats financiers particulièrement solides. En 2025, plusieurs groupes opérant au Ghana ont enregistré des bénéfices importants, profitant de la flambée des prix de l’or sur les marchés internationaux.

 

Ces performances renforcent cependant la détermination du gouvernement ghanéen à revoir le partage des revenus tirés de l’exploitation du métal précieux.

 

Un débat encore ouvert

 

Face aux critiques, Accra aurait déjà envisagé d’ajuster certaines taxes existantes pour faciliter l’adoption de la réforme. Malgré cela, les compagnies minières jugent toujours les taux proposés trop élevés et ont soumis des alternatives.

 

À quelques jours de l’éventuelle entrée en vigueur du nouveau dispositif, les discussions restent donc ouvertes. L’issue des négociations pourrait non seulement redéfinir les relations entre le Ghana et les grandes sociétés minières, mais aussi servir de référence pour d’autres pays africains riches en ressources naturelles cherchant à augmenter leurs revenus extractifs.

 

La Rédaction

Malikunafoni

Zone bourse. Com

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