RDC : arrestation nocturne d’Emmanuel Ramazani Shadary, la tension politique monte d’un cran
- malikunafoninet
- 17 déc. 2025
- 2 min de lecture

À 3h40 du matin, des hommes armés frappent à une porte de la Gombe. Quelques minutes plus tard, Emmanuel Ramazani Shadary n’est plus chez lui. L’opposant congolais et cadre influent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a été interpellé dans la nuit du 15 au 16 décembre 2025 à son domicile de Kinshasa, lors d’une opération nocturne qui alimente de vives inquiétudes au sein de l’opposition. Selon son entourage, l’arrestation s’est déroulée sans mandat apparent, dans un contexte politique déjà extrêmement tendu.
Une opération nocturne spectaculaire
D’après le récit de son épouse, Wivine Paipo Ngweli, ancienne députée du PPRD, une quarantaine d’hommes armés – identifiés comme des éléments de la Garde républicaine et des agents en civil – sont arrivés à bord de plusieurs jeeps et d’un bus. Des hommes cagoulés auraient fait irruption dans la résidence familiale, pénétrant d’abord dans la chambre de leur fils avant de conduire Emmanuel Ramazani Shadary hors de son domicile.
Toujours selon la famille, aucune convocation ni mandat n’a été présenté. Les agents n’auraient pas non plus indiqué la destination du responsable politique, malgré les préoccupations liées à son état de santé et à la prise régulière de médicaments. Son chauffeur, une employée de maison ainsi que trois policiers affectés à sa sécurité auraient également été emmenés. En milieu de matinée, le lieu de détention restait inconnu.
Un climat politique sous haute tension
Cette interpellation intervient quelques jours seulement après la condamnation de l’ancien président Joseph Kabila par la Haute Cour militaire, une décision qui a profondément divisé la classe politique congolaise. Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD et ancien candidat à la présidentielle de 2018, avait publiquement critiqué ce verdict, le jugeant « inopportun » et porteur de risques pour la cohésion nationale.
Dans une récente prise de parole, il avait accusé les autorités de détourner l’attention des défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays et des difficultés diplomatiques, notamment autour des discussions internationales en cours.
Le PPRD dénonce une arrestation « illégale »
Si l’opposant était déjà sous surveillance judiciaire – une interdiction de sortie du territoire lui avait été imposée en mars dernier, sur fond de soupçons de liens avec le groupe rebelle AFC/M23 – le PPRD estime que les conditions de son arrestation franchissent un seuil inquiétant.
Le vice-président du parti, Aubin Minaku, a dénoncé des méthodes « contraires à l’État de droit » et préjudiciables à la stabilité du pays. Il a également affirmé qu’une perquisition nocturne aurait eu lieu au même moment au siège du Front commun pour le Congo (FCC), la plateforme politique proche de Joseph Kabila, exigeant la libération immédiate d’Emmanuel Ramazani Shadary.
Une affaire aux conséquences incertaines
Au-delà du cas individuel, cette arrestation ravive les craintes d’une escalade entre le pouvoir et l’opposition en RDC. Alors que les réactions politiques se multiplient et que la société civile appelle à la transparence, les prochaines heures pourraient être décisives pour connaître le sort réservé à l’opposant et mesurer l’impact de cet épisode sur un paysage politique déjà profondément polarisé.
Oura KANTE
Malikunafoni










































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