Quand la musique devient plaidoyer : le Professeur Chérif Keïta relit « Mbemba » de Salif Keïta
- malikunafoninet
- 13 août 2025
- 2 min de lecture

Ce 13 août 2025, au Mémorial Modibo Keïta de Bamako. Parrain du mois d’août dans le cadre de l’Année de la culture, le chercheur et universitaire malien a choisi de plonger dans l’univers de la chanson « Mbemba » de Salif Keïta, figure majeure de la musique africaine.
L’événement, présidé par Nohan Sowo, chef de cabinet et représentant du ministre Mamou Daffé, a réuni artistes, intellectuels et passionnés de culture autour d’un échange où la poésie, l’histoire et la réflexion sociale se sont entremêlées.
Selon le Professeur Keïta, « Mbemba » n’est pas une simple œuvre musicale : c’est un dialogue intime et parfois tendu entre un artiste et une société qui hésite à lui reconnaître la pleine légitimité de son génie. Derrière les notes et les paroles, il voit l’expression d’une quête profonde : faire accepter que l’excellence artistique puisse aussi être malienne, universelle et intemporelle.
Au cœur de son analyse, il a évoqué la notion de Fassa, ces chants de louange qui immortalisent les héros et les actes vertueux. Pour lui, Salif Keïta s’inscrit dans cette tradition, en réinventant le langage pour porter un message moral : l’art doit rester au service de la communauté, comme un phare qui éclaire le présent à la lumière du passé.
En inscrivant cette conférence dans le calendrier de l’Année de la culture, les organisateurs rappellent que l’héritage artistique n’est pas figé dans les musées ou les livres d’histoire ; il se transmet, se discute et s’adapte aux défis de chaque époque. Dans un Mali en quête de repères et de cohésion, la parole de l’artiste conscient prend alors une résonance particulière.
Plus qu’une analyse musicale, cette rencontre a été une invitation à relire nos chansons comme des archives vivantes de notre identité collective.
Oura KANTÉ
Malikunafoni










































Commentaires