Pakistan : Imran Khan écope de 17 ans de prison dans une nouvelle affaire de corruption
- malikunafoninet
- 20 déc. 2025
- 2 min de lecture

« Dix-sept ans de prison ». Le verdict est tombé samedi pour l’ancien Premier ministre pakistanais Imran Khan et son épouse Bushra Bibi, condamnés par un tribunal pour abus de confiance et corruption. Une décision judiciaire lourde qui s’inscrit dans la longue série de poursuites visant l’ex-dirigeant depuis sa destitution en 2022.
Selon la décision rendue, chacun des deux époux a été condamné à dix ans de réclusion pour abus de confiance, assortis de sept années supplémentaires pour des faits de corruption. Cette affaire porte sur des cadeaux officiels reçus durant l’exercice du pouvoir, un dossier sensible au Pakistan où la loi impose aux responsables publics de déclarer tout présent reçu dans le cadre de leurs fonctions.
Au cœur du dossier figure un ensemble de bijoux de luxe de la maison italienne Bulgari, offert en mai 2021 par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à Imran Khan et à son épouse. La justice reproche à l’ancien chef du gouvernement d’en avoir sous-évalué la valeur afin de pouvoir les conserver à moindre coût, en violation des règles en vigueur.
Ce procès est distinct d’une précédente condamnation prononcée dans une autre affaire liée à des montres de luxe, également offertes par le prince héritier saoudien. Dans ce dossier antérieur, Imran Khan avait été condamné à 14 ans de prison, tandis que Bushra Bibi avait écopé de sept ans.
Détenu depuis 2023, l’ancien capitaine de cricket reconverti en homme politique rejette l’ensemble des accusations portées contre lui. Il affirme être la cible de poursuites à caractère politique, destinées à l’écarter durablement de la scène publique.
Dans un message publié sur le réseau social X, son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), a dénoncé une décision rendue par un « tribunal fantoche », accusé de chercher à prolonger « l’incarcération illégale et injuste d’Imran Khan ». Son porte-parole, Syed Zulfikhar Bukhari, a déclaré à l’AFP que le jugement bafouait, selon lui, « les principes fondamentaux de la justice ».
Parallèlement, la famille de l’ancien Premier ministre multiplie les démarches pour alerter l’opinion internationale sur ses conditions de détention. Dans un entretien accordé récemment à la chaîne britannique Sky News, son fils, Kasim Khan, a évoqué un isolement quasi-total, affirmant que son père n’aurait ni contact avec sa famille ni accès à son médecin personnel. Des accusations que les autorités pakistanaises ont, à plusieurs reprises, formellement rejetées.
Cette nouvelle condamnation pourrait encore compliquer l’avenir politique d’Imran Khan, figure clivante mais toujours populaire auprès d’une partie de la population. Reste à savoir si ses recours judiciaires ou la pression politique et internationale pourront infléchir le cours d’un feuilleton judiciaire loin d’être clos.
Oura KANTE
Malikunafoni










































Commentaires