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NIGER – Uranium : bras de fer judiciaire et souveraineté en débat

 

1 300 tonnes d’uranium au cœur d’une procédure judiciaire ouverte en France. C’est autour de ce chiffre que s’est cristallisé un nouveau contentieux entre la société française Orano et l’État du Niger, ravivant les tensions sur l’exploitation des ressources minières du pays sahélien.

 

Selon les informations rapportées par Jeune Afrique, la firme Orano a obtenu, en France, l’ouverture d’une enquête pour « vol en bande organisée ». En cause : la disparition présumée de 1 300 tonnes d’uranium sur un site minier qu’elle exploitait auparavant au Niger. L’entreprise affirme qu’un centre d’arbitrage international avait interdit, dès le mois de septembre, à l’État nigérien de disposer de ce stock, dans le cadre d’un différend contractuel toujours pendant.

 

À Niamey, la riposte a été immédiate et sans ambiguïté. Le ministre nigérien des Mines, le colonel Ousmane Abarchi, a rejeté catégoriquement toute accusation assimilant les actes de l’État à un vol. « On ne peut pas voler ce que l’on possède légitimement », a-t-il déclaré, estimant que cette polémique relève d’une remise en cause de la souveraineté nationale sur une ressource stratégique.

 

Le ministre de la Justice, Ali Daouda, est allé plus loin en contre-attaquant sur le terrain financier et historique. Il accuse Orano d’avoir laissé derrière elle près de 58 milliards de FCFA de dettes impayées et d’avoir, durant des années, sous-évalué la teneur réelle de l’uranium extrait. « Entre le Niger et Orano, qui a volé qui ? », a-t-il interrogé, renvoyant la responsabilité du contentieux à l’ancienne relation jugée déséquilibrée entre les deux parties.

 

Ce nouvel épisode s’inscrit dans un contexte de redéfinition des partenariats miniers au Niger, pays qui représente environ 4,7 % de la production mondiale d’uranium, une ressource clé pour l’industrie nucléaire. Orano, rappelons-le, est détenue à 90 % par l’État français, ce qui confère à l’affaire une dimension à la fois économique, diplomatique et politique.

 

Alors que la procédure judiciaire suit son cours en France, le différend pourrait peser durablement sur les relations entre Niamey et Paris, et servir de précédent pour d’autres États africains engagés dans une relecture de leurs contrats miniers. La suite dépendra désormais des décisions de justice… et de l’évolution du rapport de force diplomatique.

 

Jeune Afrique

Oura KANTE

Malikunafoni

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