top of page

« Le silence serait une approbation » : l’ambassadeur du Venezuela alerte depuis Bamako

 

« Se taire face à ce qui se passe aujourd’hui reviendrait à l’accepter. » C’est par ces mots forts que l’ambassadeur du Venezuela au Mali, Elio Colmenares, a donné le ton lors d’une conférence de presse tenue à Bamako. Face aux journalistes, le diplomate a dressé un tableau alarmant de la situation qu’il qualifie d’agression militaire étrangère contre son pays, appelant à une mobilisation internationale au nom de la souveraineté des États.

 

Une attaque qui dépasserait le cadre vénézuélien

 

Selon Elio Colmenares, les événements survenus au Venezuela ne relèvent pas d’un simple incident diplomatique ou sécuritaire. Ils constitueraient, affirme-t-il, une remise en cause directe du principe d’indépendance des nations, en particulier de celles qui revendiquent un contrôle souverain de leurs choix politiques et économiques.

 

Dans ce contexte, l’ambassadeur a établi un parallèle avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), qu’il présente comme engagés dans une dynamique similaire de réaffirmation de leur souveraineté. Pour lui, ce qui se joue au Venezuela pourrait concerner d’autres régions du monde confrontées à des pressions extérieures.

 

Des accusations graves contre Washington

 

Revenant sur les faits, le diplomate vénézuélien affirme qu’une opération militaire américaine, menée à l’aube du samedi 3 janvier, aurait causé la mort de civils et de militaires vénézuéliens. Il va plus loin en évoquant l’enlèvement du président Nicolás Maduro, qualifié de chef d’État constitutionnel et légitime.

 

Une action que l’ambassadeur décrit comme planifiée, excluant toute hypothèse d’erreur ou d’événement isolé. Il accuse les États-Unis d’avoir enfreint les règles fondamentales du droit international, notamment en matière de protection des civils et de respect de l’immunité des chefs d’État en exercice.

 

Droit international et droits humains mis à mal

 

Elio Colmenares estime que les principes humanitaires universels auraient été violés : attaques contre des populations non impliquées dans les combats, atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique, et non-respect de la souveraineté nationale.

 

Il rappelle que son gouvernement avait, par le passé, alerté la communauté internationale sur les risques d’escalade militaire dans la région des Caraïbes, une zone qu’il décrit comme multinationale et déjà marquée par des pertes humaines.

 

Ressources naturelles au cœur des tensions

 

Dans son analyse, l’ambassadeur rejette les arguments avancés au nom de la démocratie ou des droits de l’homme. Il y voit plutôt une convoitise des ressources naturelles du Venezuela, notamment le pétrole, les terres et l’eau.

 

Une lecture qu’il inscrit dans la continuité historique de la Révolution bolivarienne, initiée par Hugo Chávez, qu’il présente comme un combat de longue haleine pour l’indépendance économique et politique du pays.

 

Un discours ancré dans l’histoire et la résistance

 

Le diplomate a longuement invoqué l’héritage de Simón Bolívar, figure emblématique de la libération de plusieurs nations sud-américaines. Selon lui, le Venezuela se définit par une tradition de résistance face aux pressions impérialistes, rappelant les épisodes historiques de blocus et de luttes pour l’autodétermination.

 

Il assure que, malgré la situation actuelle, les institutions vénézuéliennes continuent de fonctionner et que la population resterait mobilisée pour défendre la souveraineté nationale.

 

Un appel solennel à la communauté internationale

 

En conclusion, Elio Colmenares a lancé un appel direct aux peuples et aux gouvernements souverains du monde. Il exige la libération immédiate du président Nicolás Maduro et de la Première dame Cilia Flores, ainsi que la fin des opérations militaires américaines dans la région des Caraïbes.

 

Pour l’ambassadeur, l’enjeu dépasse le Venezuela : il s’agit, selon ses mots, de défendre le droit des peuples à décider librement de leur avenir. Une position qui, à Bamako, trouve un écho particulier dans un contexte sahélien marqué par les débats sur la souveraineté et l’indépendance stratégique.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

 

 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note*
bottom of page