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Femmes, enfants, familles : le Mali pose les bases d’une nouvelle politique sociale

  • il y a 54 minutes
  • 3 min de lecture

 

C’est un document dense, fruit de plusieurs mois de consultations nationales, qui a été remis ce jeudi au Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta. Le rapport général des États généraux sur la situation de la Femme, de l’Enfant et de la Famille vient fixer un cap clair : placer les fondements sociaux du pays au cœur de la refondation nationale.

 

Un travail national de grande ampleur

 

L’initiative se distingue d’abord par son ampleur. Près d’un millier de participants, issus de différentes couches de la société, ont pris part aux concertations organisées à l’échelle nationale. Objectif : dresser un diagnostic sans complaisance de la situation des femmes, des enfants et des familles, et surtout proposer des solutions concrètes adaptées aux réalités du pays.

 

De ces échanges est né un rapport structuré autour de chiffres parlants : 459 recommandations et 349 actions identifiées, accompagnées d’un plan d’action prioritaire destiné à guider les décisions publiques dans les années à venir.

 

Trois axes pour refonder le socle social

 

Les travaux ont mis en avant trois priorités majeures.

La première concerne le renforcement de la cellule familiale, considérée comme le premier espace de cohésion et de transmission des valeurs.

La deuxième porte sur l’autonomisation économique des femmes et leur implication accrue dans la gestion des affaires publiques, notamment dans les mécanismes de prévention des conflits.

Enfin, une attention particulière est accordée à la protection de l’enfant, avec un accent sur la prévention des violences, des abus et de toutes les formes d’exploitation.

 

Ces orientations traduisent une volonté de dépasser les approches sectorielles pour inscrire les questions sociales dans une vision globale du développement.

 

Une démarche assumée par l’État

 

Lors de la cérémonie de remise à Koulouba, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Djénéba Sanogo, a insisté sur le caractère souverain du processus. Selon elle, les États généraux ont été entièrement financés par le budget national, sous l’impulsion du Chef de l’État et le leadership du Premier ministre.

 

Elle a également salué l’appui des Forces armées maliennes, dont la contribution a permis la tenue des assises dans plusieurs zones du pays, malgré un contexte sécuritaire contraignant.

 

Une première dans l’histoire récente du Mali

 

Jamais auparavant le Mali n’avait conduit un exercice de réflexion nationale de cette ampleur consacré exclusivement à la femme, à l’enfant et à la famille. Pour les autorités, cette démarche marque une rupture avec les politiques fragmentées du passé et ouvre la voie à une approche concertée, fondée sur l’écoute et la participation.

 

Le rapport remis au Président de la Transition est ainsi présenté comme un outil stratégique, appelé à orienter les futures réformes sociales.

 

Un cadre cohérent avec la vision du “Mali Kura”

 

Ces États généraux s’inscrivent dans les orientations définies par le Chef de l’État, qui a fait des femmes un levier central du développement national. La proclamation de la période 2026-2027 comme « Année de l’Éducation et de la Culture » vient renforcer cette vision, en mettant en avant le rôle des femmes dans la transmission des valeurs, la stabilité sociale et la cohésion nationale.

 

Après le diagnostic, l’enjeu de l’action

 

La remise du rapport ne marque pas une fin, mais un point de départ. Le véritable défi réside désormais dans la mise en œuvre effective des recommandations et des actions retenues. Attendue par de nombreux acteurs sociaux, cette phase déterminera la capacité du Mali à transformer la réflexion collective en politiques publiques concrètes.

 

Les prochains mois seront donc décisifs pour mesurer si cette ambition nationale se traduit, sur le terrain, par une amélioration tangible des conditions de vie des femmes, des enfants et des familles, piliers du développement durable du pays.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

 

 

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