De l’urgence de revoir le fonctionnement de la Cedeao


En fondant sa décision d’infliger des sanctions au Mali sur la seule durée de la transition, la Cedeao révèle bien des faiblesses. Et si le bras de fer engagé avec Bamako était plutôt l’occasion d’une autocritique pouvant déboucher sur une meilleure prévention des coups d’État et un réel accompagnement des transitions ?


Pour des raisons normatives et prudentielles, on peut qualifier les sanctions contre Bamako de raisonnables. Pour autant, les responsables politiques de la sous-région ne doivent pas se cantonner à des discussions sur la durée des transitions. Parallèlement à cette question technique, il est important qu’ils se projettent dans l’avenir en réinterrogeant la capacité politique et institutionnelle de la Cedeao à prévenir les coups d’État et à répondre aux aspirations démocratiques des populations.

Car ce dont témoigne la situation malienne, c’est l’extrême difficulté, pour l’organisation sous-régionale, à assumer son rôle de promoteur de la bonne gouvernance et de l’État de droit dans une région fragilisée par la persistance de violences liées au contrôle et au partage du pouvoir politique, aux inégalités et aux injustices socioéconomiques. En faisant de