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Souveraineté numérique : à Bamako, le Mali choisit de garder ses données chez lui

 

« Héberger nos données chez nous, par nos ingénieurs et sous notre propre réglementation. » Cette phrase résume l’enjeu stratégique qui a guidé l’inauguration, ce samedi 31 janvier 2026 à Bamako, d’un datacenter de dernière génération, désormais opérationnel au Mali. Bien plus qu’un équipement technologique, l’infrastructure marque un tournant politique et numérique majeur pour le pays et, au-delà, pour l’espace AES.

 

Longtemps dépendant de serveurs hébergés à l’étranger, le Mali fait désormais le choix de localiser ses données stratégiques sur son territoire, dans un contexte où la maîtrise de l’information est devenue un pilier de la souveraineté nationale. Ce datacenter permettra d’héberger progressivement les plateformes publiques issues de la dématérialisation administrative, tout en renforçant la sécurité et la confidentialité des données sensibles de l’État.

 

La cérémonie d’inauguration a réuni plusieurs responsables de haut niveau de l’Alliance des États du Sahel. Aux côtés des autorités maliennes, la ministre burkinabè de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Dr Aminata Zerbo/Sabane, et le ministre nigérien en charge de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Adji Ali Salatou, ont symbolisé l’engagement collectif des pays de l’AES dans la construction d’un espace numérique autonome.

 

Pour le ministre malien de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, cette infrastructure répond à un impératif stratégique : assurer la conservation, la sécurisation et la maîtrise des données nationales, condition essentielle d’une autonomie numérique durable. Une ambition qui s’inscrit dans la volonté des autorités de moderniser l’administration tout en réduisant les vulnérabilités liées à l’hébergement externe.

 

Du côté du Burkina Faso, la ministre Aminata Zerbo/Sabane a insisté sur la portée régionale de l’initiative. Selon elle, la souveraineté numérique ne peut être effective sans infrastructures propres, capables d’accueillir les données des populations et des institutions sous des règles maîtrisées par les États eux-mêmes. Elle a également annoncé le lancement progressif d’une campagne de rapatriement des données actuellement hébergées à l’étranger, une étape clé dans ce processus.

 

Le Niger, pour sa part, a salué la montée en puissance des capacités d’hébergement dans l’espace AES. Son ministre du numérique a indiqué que son pays nourrit désormais l’ambition de se doter, à son tour, d’infrastructures de grande capacité, afin de s’inscrire pleinement dans cette dynamique régionale.

 

Cette inauguration intervient dans un contexte marqué par des investissements similaires récemment réalisés au Burkina Faso, confirmant une accélération coordonnée des politiques numériques au sein de l’AES. À terme, ces initiatives pourraient poser les bases d’un écosystème numérique sahélien plus résilient, moins dépendant de l’extérieur et mieux adapté aux réalités locales.

 

Avec ce datacenter, le Mali ne se contente pas d’entrer dans l’ère des infrastructures modernes : il affirme un choix stratégique clair, celui de faire du numérique un levier de souveraineté, de sécurité et de coopération régionale.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

DCRP / MTDPCE

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