Burkina Faso : l’ombre de Damiba refait surface après son expulsion du Togo
- malikunafoninet
- il y a 2 jours
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« Il n’y aura aucune tolérance pour ceux qui complotent contre la nation. » Cette déclaration, prononcée il y a quelques mois par le capitaine Ibrahim Traoré, résonne aujourd’hui avec une acuité particulière. L’ancien président de la Transition burkinabè, Paul-Henri Sandaogo Damiba, a été interpellé la semaine dernière au Togo avant d’être expulsé, dans des circonstances entourées de silence officiel.
Selon des informations rapportées par Le Monde, ni les autorités togolaises ni celles du Burkina Faso n’ont communiqué, lundi 19 janvier, sur l’opération ni sur la destination finale de l’ex-chef de l’État burkinabè. Une discrétion qui alimente interrogations et spéculations dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions sécuritaires.
D’un coup d’État à l’exil
Paul-Henri Damiba s’était imposé sur la scène politique burkinabè en janvier 2022, à la faveur d’un putsch ayant renversé le président élu Roch Marc Christian Kaboré. Son pouvoir n’aura duré que neuf mois. En septembre de la même année, il est à son tour évincé par un groupe de jeunes officiers conduit par le capitaine Ibrahim Traoré.
Contraint à l’exil, Damiba trouve refuge au Togo. Mais son éloignement géographique ne met pas fin aux soupçons qui pèsent sur lui. Depuis Ouagadougou, les autorités de la Transition l’accusent régulièrement d’être impliqué dans des tentatives de déstabilisation du régime en place.
Accusations lourdes et menaces sécuritaires
Début janvier 2026, le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, affirme à la télévision nationale qu’un projet de déstabilisation était en préparation dès le 3 janvier 2025. Il évoque une série d’assassinats ciblés, dont celui visant le capitaine Ibrahim Traoré, sans toutefois présenter publiquement d’éléments détaillés.
Ces accusations s’inscrivent dans un dossier déjà chargé. Fin 2024, le chef de la Transition burkinabè déclarait « espérer » l’extradition de son prédécesseur. Paul-Henri Damiba a depuis été radié de l’armée, notamment pour « intelligence avec une puissance étrangère ou avec des groupes terroristes », des faits que les autorités estiment susceptibles de menacer la stabilité nationale.
Une affaire aux implications régionales
L’expulsion de Damiba par le Togo, pays jusque-là discret sur son statut, pourrait marquer un tournant. Reste à savoir si cette décision ouvrira la voie à une coopération judiciaire régionale ou si elle se limitera à un simple éloignement géographique.
Dans un Sahel fragilisé par l’insécurité et les transitions politiques successives, le sort de l’ancien président burkinabè dépasse désormais sa seule personne. Il pose la question, plus large, de la gestion des ex-dirigeants militaires déchus et de leur rôle potentiel dans les équilibres – ou déséquilibres – à venir.
Source : Le Monde
Oura KANTE
Malikunafoni










































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