Accord Mercosur : des agriculteurs interpellent Emmanuel Macron au Touquet
- malikunafoninet
- 19 déc. 2025
- 2 min de lecture

« Nous sommes arrivés à un point de rupture. » Devant la villa du président Emmanuel Macron, au Touquet, une mobilisation agricole à forte charge symbolique s’est déroulée ce vendredi, portée par la colère persistante du monde rural face aux orientations européennes.
Une trentaine d’agriculteurs, appuyés par une vingtaine de tracteurs et plusieurs remorques, ont investi le front de mer à l’appel de la FDSEA du territoire de Montreuil-sur-Mer, selon des constatations rapportées par l’AFP. Sur place, un cercueil frappé de slogans sans équivoque — « RIP Agri », « Non Mercosur », « Mangez français », « Stop taxes » — a été installé sous la surveillance des forces de l’ordre, face à la résidence présidentielle.
Pour les organisateurs, il s’agit avant tout d’un acte d’alerte. « Cette action est volontairement symbolique, mais elle traduit un ras-le-bol généralisé », explique Benoît Hédin, vice-président de la FDSEA locale. En ligne de mire : l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, mais aussi la baisse annoncée des aides de la Politique agricole commune (PAC), la fiscalité sur les engrais et ce que les agriculteurs qualifient de concurrence déloyale.
Sur le terrain, le sentiment d’injustice domine. « Cela fait deux ans que nous manifestons sans résultats concrets. Pendant ce temps, on importe des produits qui ne respectent pas les mêmes normes que nous, à des prix impossibles à concurrencer », déplore Marc Delaporte, agriculteur mobilisé au Touquet. Une situation vécue comme un décrochage progressif de l’agriculture française face aux règles du commerce international.
Cette mobilisation intervient alors que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est dite confiante quant à une signature de l’accord Mercosur dès janvier, après un report obtenu notamment sous la pression de la France et de l’Italie. Un simple sursis jugé insuffisant par la FNSEA, principal syndicat agricole français, qui appelle ses adhérents à maintenir la pression.
Négocié depuis plus de vingt-cinq ans, l’accord vise à faciliter les exportations européennes — automobiles, machines, vins et spiritueux — vers l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. En contrepartie, il ouvrirait davantage le marché européen à des produits agricoles sud-américains comme la viande, le sucre, le riz, le miel ou le soja, suscitant de fortes inquiétudes dans plusieurs filières.
Au-delà du symbole du Touquet, les syndicats agricoles préviennent que d’autres actions pourraient suivre si leurs revendications restent sans réponse. La mobilisation actuelle pourrait ainsi marquer une nouvelle étape dans le bras de fer entre le monde agricole et les décideurs européens.
Le Figaro
Oura KANTE
Malikunafoni










































Commentaires