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Élections professionnelles : l’UNTM campe sur son refus et provoque un nouveau bras de fer avec le gouvernement

  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

 

« Le Bureau exécutif exige la plus grande discipline syndicale et la vigilance la plus absolue. » C’est par cette mise en garde ferme que la direction de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a signifié à ses responsables syndicaux son opposition à toute participation au processus des prochaines élections professionnelles.

 

Ces derniers jours, la scène syndicale malienne a été secouée par une tension inattendue entre la principale centrale syndicale du pays et le ministère du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social. À l’origine de la polémique : une correspondance administrative demandant la mise en place de commissions électorales régionales et locales chargées de préparer les élections de représentativité des centrales syndicales.

 

La lettre, datée du 23 mars 2026 et adressée aux autorités administratives, invitait notamment les gouverneurs et préfets à installer les structures électorales devant organiser le scrutin sur l’ensemble du territoire. Cette démarche s’inscrit dans l’application d’un arrêté de mai 2024 qui définit les règles d’organisation des élections professionnelles permettant d’évaluer la représentativité des unions et confédérations syndicales.

 

Selon ce dispositif, plusieurs niveaux de commissions électorales doivent être constitués : nationale, du district, régionales et locales. Elles sont chargées de coordonner les opérations électorales et d’en garantir le bon déroulement. Leur composition associe des représentants de l’administration, des organisations d’employeurs et des différentes centrales syndicales en compétition.

 

Mais cette initiative gouvernementale n’a pas été du goût de l’UNTM.

L’UNTM claque la porte

Dans une circulaire datée du 1er avril 2026, signée par son secrétaire général Yacouba Katilé, le Bureau exécutif de la centrale syndicale a ordonné à tous ses responsables régionaux et locaux de ne participer à aucune activité liée à la préparation des élections professionnelles.

 

La direction syndicale reproche au ministère d’avoir engagé la mise en place des commissions électorales sans concertation préalable avec l’UNTM, alors que des discussions seraient toujours en cours dans un cadre de dialogue national.

 

La décision est sans ambiguïté : tout responsable syndical affilié à l’UNTM qui participerait aux opérations électorales sans autorisation écrite de la direction nationale s’expose à des sanctions disciplinaires immédiates. Les secrétaires généraux des unions régionales et locales ont été chargés de veiller personnellement au respect strict de cette consigne.

 

Le gouvernement temporise

 

Face à la montée de la tension sociale, les autorités ont finalement opté pour l’apaisement. Dans une nouvelle correspondance datée du 2 avril 2026, le ministère du Travail a décidé de suspendre la procédure de mise en place des commissions électorales.

 

Le département dirigé par Fassoun Coulibaly explique que certains acteurs souhaitent approfondir les concertations déjà engagées autour de cette importante opération électorale. Afin d’éviter toute crispation et de garantir un processus inclusif, l’application de la circulaire initiale a donc été provisoirement suspendue.

 

Cette décision vise manifestement à éviter une crise sociale susceptible de fragiliser davantage le climat déjà sensible du dialogue entre l’État et les organisations syndicales.

 

Un enjeu majeur pour la représentativité syndicale

 

Au Mali, les élections professionnelles jouent un rôle central dans l’organisation du dialogue social. Elles permettent de mesurer le poids réel des centrales syndicales et de déterminer leur représentativité auprès des administrations publiques et des entreprises privées.

 

Le Code du travail prévoit notamment l’élection de délégués du personnel dans les établissements employant plus de dix travailleurs. Leur mandat, d’une durée de trois ans, leur permet de représenter les salariés dans les discussions avec l’employeur sur les conditions de travail, la rémunération ou les réformes sociales.

 

Le nombre de délégués varie selon l’effectif de l’entreprise, allant d’un représentant dans les petites structures à plusieurs dans les grandes organisations.

 

Dans ce contexte, les élections professionnelles constituent un moment stratégique pour les organisations syndicales qui cherchent à consolider leur influence dans le paysage social.

 

Un refus qui interroge

 

La position de l’UNTM suscite aujourd’hui des interrogations dans le milieu syndical et politique. Historiquement considérée comme la principale centrale du pays, l’organisation dispose théoriquement d’un solide ancrage dans de nombreux secteurs professionnels.

 

Dès lors, certains observateurs s’interrogent sur les raisons profondes de son refus de participer à un processus électoral qui pourrait pourtant confirmer son poids réel dans le monde du travail.

 

La suspension provisoire décidée par le gouvernement ouvre désormais une nouvelle phase de discussions. Reste à savoir si ces concertations permettront de trouver un compromis capable de relancer les élections professionnelles dans un climat apaisé.

 

La Rédaction

Malikunafoni

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