Économie informelle : un atelier national lance les bases d’une transition vers le formel au Mali
- 23 juil. 2025
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Sous l’impulsion du Ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, un atelier de sensibilisation et de concertation s’est ouvert à Bamako pour réfléchir à la mise en œuvre de la Recommandation 204 de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Ce texte, adopté en 2015, encourage les pays à élaborer une stratégie nationale pour favoriser la transition vers l’économie formelle.
Présidée par Madame la Ministre Oumou SALL SECK, la rencontre a rassemblé des représentants du gouvernement, de l’OIT, des employeurs, des travailleurs, ainsi que des spécialistes de l’économie informelle. Les échanges ont permis de poser un diagnostic partagé sur les défis persistants de l’informalité au Mali.
Un poids toujours écrasant de l’économie informelle
Selon les chiffres récents communiqués durant l’atelier, le taux d’emploi informel reste extrêmement élevé dans le pays, touchant près de 96 % des travailleurs. En 2024, cela représente plus de 6,6 millions de personnes âgées de 15 ans et plus exerçant en dehors du cadre formel. À cela s’ajoute un tissu économique majoritairement informel, avec près de 98 % des unités économiques non enregistrées, soit plus de 270 000 entités.
Malgré une légère baisse observée depuis 2013, ces chiffres traduisent l’enracinement profond de ce phénomène et ses implications : faibles recettes fiscales, précarité du travail, et accès limité à la protection sociale.
Une opportunité de réforme saluée par les partenaires
Lors des prises de parole, les représentants des partenaires sociaux ont insisté sur la nécessité d’un cadre concerté. Le représentant des travailleurs a souligné que la formalisation constitue un enjeu majeur pour l’inclusion sociale et la croissance. Du côté des employeurs, la démarche a été saluée comme une chance de réconcilier efficacité économique et équité.
Intervenant en visioconférence, la Directrice pays de l’OIT à Abidjan a appelé à dépasser la vision punitive de l’informalité. Pour elle, il s’agit d’un « socle économique vivant », qu’il convient de structurer progressivement sans compromettre les moyens de subsistance de millions de personnes.
Vers une feuille de route nationale
Dans son discours, Madame Oumou SALL SECK a réaffirmé l’engagement des autorités à enclencher une transition progressive, en s’appuyant sur l’étude diagnostique menée avec l’appui de l’OIT. Elle a appelé à la constitution d’un groupe de travail pour approfondir l’analyse sectorielle, proposer une stratégie nationale intégrée, et construire une feuille de route réaliste.
L’objectif affiché est clair : faire de l’économie formelle un vecteur de protection sociale, de productivité accrue, et de développement durable.
Oura KANTÉ
Malikunafoni




































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