Université Yambo Ouologuem de Bamako : plus de 18 000 étudiants formés en un an, entre performances et tensions structurelles
- 28 janv.
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« Former plus de 18 000 étudiants avec des moyens limités reste un défi permanent. » Ce constat, dressé lors de la 14ᵉ session du Conseil d’université de l’Université Yambo Ouologuem de Bamako (UYOB), résume à lui seul l’équilibre fragile entre résultats académiques encourageants et difficultés persistantes.
Réunis le mardi 27 janvier 2026 sur le site de Kabala, les membres du Conseil d’université, sous la présidence du Pr Doulaye Konaté, ont passé en revue la situation de l’institution pour l’année universitaire 2024-2025, en présence du Recteur, le Pr Belko Ouologuem. Les échanges ont principalement porté sur les questions budgétaires, mais aussi sur les performances pédagogiques, scientifiques et humaines de l’université.
Sur le plan académique, l’UYOB a assuré la formation de 18 143 étudiants, de la Licence 1 au Master, auxquels s’ajoutent 333 doctorants, dans les filières relevant des sciences sociales et humaines. Ces effectifs ont été encadrés par 179 enseignants-chercheurs et appuyés par 99 agents administratifs, pour un budget global évalué à 4,5 milliards de FCFA.
L’attractivité de l’université repose largement sur les filières de langues et de lettres. Les formations en arabe, anglais, allemand et russe, ainsi que les Lettres et sciences du langage, concentrent à elles seules plus de 13 000 étudiants au sein de la Faculté des Lettres, des Langues et des Sciences du Langage. La Faculté des Sciences humaines et des Sciences de l’éducation suit avec près de 4 000 apprenants. De leur côté, les deux instituts rattachés à l’université se distinguent par de bons indicateurs d’insertion professionnelle de leurs diplômés.
La recherche scientifique n’est pas en reste. Selon le Rectorat, la production scientifique connaît une progression notable, portée par les quatre laboratoires de recherche opérationnels de l’UYOB, un signal jugé encourageant pour une université longtemps perçue comme essentiellement tournée vers l’enseignement.
Autre motif de satisfaction souligné par le Président du Conseil d’université : les performances du personnel enseignant aux évaluations nationales et internationales. Lors de la dernière session de la Commission nationale d’établissement des listes d’aptitude (CNELA), 18 candidats sur 20 ont accédé au grade supérieur, soit un taux de réussite de 90 %. Au niveau du CAMES, le taux de succès a atteint 99 %, tous grades confondus, renforçant la crédibilité académique de l’établissement.
Mais derrière ces chiffres flatteurs se cachent des fragilités structurelles. La croissance rapide des effectifs étudiants met sous pression des ressources humaines déjà insuffisantes. Les infrastructures pédagogiques peinent à suivre le rythme, obligeant l’université à recourir à la location de bâtiments extérieurs, avec un impact financier lourd. À cela s’ajoutent les charges liées aux heures supplémentaires, qui pèsent sur un budget déjà contraint.
La question sociale reste également sensible. L’éloignement du site de Kabala et l’irrégularité du paiement de certaines primes, autrefois couvertes par les ressources propres de l’université aujourd’hui en baisse, affectent la motivation du personnel. Cette situation a déjà conduit au départ de certains agents, au risque de fragiliser le fonctionnement quotidien des services.
En clôturant les travaux, les responsables universitaires ont appelé à des mesures urgentes pour consolider les acquis tout en répondant aux défis structurels. L’enjeu est clair : préserver la qualité de la formation et de la recherche dans un contexte de forte demande sociale pour l’enseignement supérieur. Les prochaines décisions budgétaires et institutionnelles seront déterminantes pour l’avenir de l’UYOB.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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