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Université de Sikasso : la médecine vétérinaire s’ancre enfin au Mali

 

« Former nos vétérinaires chez nous n’est plus une option, c’est une nécessité stratégique. » Ce constat, porté par le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, résume l’enjeu majeur qui a dominé la première réunion consacrée à l’opérationnalisation de la Faculté des Sciences Agronomiques et Vétérinaires (FSAV) de l’Université de Sikasso.

 

Réunis ce mercredi 21 janvier 2026 au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, les membres de la commission chargée de rendre fonctionnelle cette nouvelle faculté ont posé les bases d’un chantier académique attendu de longue date. La rencontre s’est tenue sous la co-présidence des ministres Youba Ba et Bouréma Kansaye, en présence des équipes techniques concernées.

 

Un tournant pour la formation vétérinaire nationale

 

Pendant des années, le Mali a dû compter sur des formations à l’étranger pour combler son déficit en médecins vétérinaires. Une option coûteuse et difficilement soutenable. À titre d’exemple, le ministre Youba Ba a rappelé que, dans le cadre de la convention signée en 2021 entre le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS 2) et l’École inter-États des sciences et médecine vétérinaires (EISMV) de Dakar, le coût de formation d’un seul étudiant atteignait près de 26 millions de francs CFA.

 

Cette dépendance extérieure contrastait avec l’importance stratégique du sous-secteur de l’élevage dans l’économie nationale. « Le développement de l’élevage passe nécessairement par la maîtrise de la santé animale », a insisté le ministre, soulignant l’urgence de former localement des professionnels qualifiés, en nombre suffisant et mieux répartis sur le territoire.

 

Une faculté pensée comme réponse structurelle

 

Si le Mali dispose déjà d’institutions de référence comme l’IPR/IFRA de Katibougou ou la Faculté d’Agronomie et de Médecine Animale de l’Université de Ségou, aucune structure ne portait jusqu’ici l’ambition d’une faculté dédiée de manière complète aux sciences agronomiques et vétérinaires.

 

La création de la FSAV vient combler ce vide. Elle s’inscrit dans la dynamique de la nouvelle Université de Sikasso, dont la première pierre a été posée en juin 2024 par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta. Cette université publique regroupe plusieurs facultés et instituts, avec l’objectif affirmé de renforcer l’offre d’enseignement supérieur dans le sud du pays.

 

Une volonté politique clairement assumée

 

Au cours de la rencontre, Youba Ba a salué l’engagement constant des plus hautes autorités de la Transition. Il a notamment rendu hommage au Président de la Transition, Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi Goïta, ainsi qu’au Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, pour leur leadership dans la création et la mise en œuvre progressive de cette nouvelle faculté.

 

Selon lui, la collaboration renforcée entre les départements de l’Élevage et de l’Enseignement supérieur doit désormais permettre une refonte en profondeur de la politique nationale de formation vétérinaire, en adéquation avec les réalités économiques et territoriales du pays.

 

Des premiers pas déjà engagés

 

Bien que l’Université de Sikasso ait récemment été officiellement lancée, certaines formations ont déjà démarré, notamment en agronomie, avec des filières comme le génie rural, le machinisme agricole ou la transformation agroalimentaire. La montée en puissance de la Faculté des Sciences Agronomiques et Vétérinaires devrait se faire progressivement, avec un effectif initial limité.

 

À terme, les autorités ambitionnent de faire de Sikasso un pôle de référence pour la formation agricole et vétérinaire, au service de la souveraineté alimentaire et du développement pastoral du Mali.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

 

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