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Sénégal : le tandem Diomaye–Sonko verrouille son équipe pour accélérer la refondation

  • 8 sept. 2025
  • 2 min de lecture

 

« Ce ne sera pas un gouvernement de villégiature, mais un gouvernement d’engagement et de combat », a prévenu Ousmane Sonko en présentant la nouvelle équipe ministérielle. Un an après l’alternance historique d’avril 2024, l’ex-opposant devenu Premier ministre affiche la volonté de serrer les rangs autour du président Bassirou Diomaye Faye et de donner un cap plus resserré au projet PASTEF.

 

Le remaniement, annoncé le 6 septembre à la télévision nationale, a touché plusieurs ministères stratégiques. Cheikh Niang, diplomate de carrière et ancien représentant du Sénégal à l’ONU, prend les commandes des Affaires étrangères. Yassine Fall, proche du parti au pouvoir, hérite de la Justice en remplacement du magistrat Ousmane Diagne, critiqué pour le rythme jugé trop lent des réformes. Quant au ministère de l’Intérieur, il revient à Mouhamadou Bamba Cissé, avocat personnel de Sonko, dont la nomination illustre la place accordée à la loyauté politique dans cette nouvelle configuration.

 

Priorité à la justice et à la cohésion interne

 

Pour Sonko, la refondation passe avant tout par la réconciliation entre l’État et les citoyens. La nomination de Yassine Fall est présentée comme un signal fort destiné à restaurer la confiance dans une institution minée par la lenteur des procédures et les accusations de politisation. Le Premier ministre insiste sur une mobilisation « 24h/24 et 7j/7 » afin de répondre aux attentes populaires.

 

Un héritage économique explosif

 

Ce resserrement gouvernemental intervient alors que le pays fait face à une situation économique tendue : déficit budgétaire estimé à 14 %, dette publique représentant 119 % du PIB, chômage proche de 20 % et un tiers de la population vivant sous le seuil de pauvreté. En août, Sonko a dévoilé un plan de redressement reposant sur des ressources nationales à hauteur de 90 %, marquant une volonté de souveraineté économique tout en maintenant des discussions avec le FMI.

 

Entre rupture et réalités politiques

 

L’arrivée au pouvoir du PASTEF, après des années de répression et une campagne marquée par l’emprisonnement de Sonko, reste perçue comme une révolution démocratique. Mais la recomposition de septembre 2025 révèle aussi les dilemmes d’un régime jeune, partagé entre l’idéal de rupture et la nécessité d’efficacité.

 

En misant sur la fidélité et en plaçant ses proches aux postes-clés, le tandem Diomaye–Sonko cherche à consolider son assise. Reste à savoir si cette stratégie de contrôle renforcé permettra d’affronter la crise économique et de transformer l’élan populaire en résultats tangibles.

 

Oura KANTÉ

Malikunafoni

 

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