Mali : 500 milliards FCFA mobilisés, nouvelles réformes locales et soutien aux victimes du terrorisme
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« En cas d’urgence et de nécessité impérieuse d’intérêt national, des crédits supplémentaires peuvent être ouverts par décret d’avances ». En s’appuyant sur cette disposition budgétaire, le gouvernement malien a décidé de débloquer 500 milliards de francs CFA afin de financer plusieurs priorités nationales, notamment la construction d’hôpitaux et d’autres projets structurants. Réuni le 4 mars 2026 au Palais de Koulouba sous la présidence du chef de l’État, le Conseil des ministres a adopté plusieurs mesures législatives et administratives tout en examinant diverses communications relatives à la gestion publique et aux perspectives nationales.
500 milliards FCFA pour les projets prioritaires
La décision la plus marquante concerne l’ouverture de crédits supplémentaires dans le budget de l’État 2026. Cette enveloppe de 500 milliards de francs CFA permettra de renforcer le financement de grands chantiers jugés prioritaires, notamment dans le domaine des infrastructures hospitalières.
Toujours dans le registre économique, le gouvernement a validé un contrat relatif au transport aérien des pèlerins maliens pour le Hadj 2026. Le marché, d’un montant de plus de 2,27 milliards de francs CFA, a été attribué au groupement Ethiopian Airlines/Top 10 SARL pour assurer l’acheminement des pèlerins de la filière gouvernementale et leurs bagages pendant une période d’un mois.
Réorganisation de l’investissement local
Le Conseil des ministres a également décidé de réformer le dispositif de soutien aux collectivités territoriales. Plusieurs textes ont été adoptés pour créer une nouvelle Agence nationale d’Investissement des Collectivités territoriales.
Cette structure aura notamment pour mission de gérer les subventions destinées aux investissements locaux, de garantir certains prêts contractés par les collectivités et d’apporter un appui technique au contrôle administratif des associations et fondations.
La réforme intervient après des évaluations ayant révélé les faibles performances des Agences de Développement régional. Celles-ci seront absorbées par la nouvelle entité afin de rationaliser la gestion des projets locaux et améliorer la coordination du développement territorial.
Les nouveaux textes prévoient aussi un encadrement plus strict des associations et fondations opérant au Mali, avec des obligations renforcées en matière de transparence et une contribution financière destinée aux actions de développement.
31 enfants victimes du terrorisme reconnus Pupilles de la Nation
Dans un registre social, le gouvernement a accordé le statut de Pupilles de la Nation à 31 enfants mineurs dont les parents, chauffeurs et apprentis, ont été victimes d’attaques terroristes.
Cette reconnaissance ouvre droit à plusieurs formes de soutien public : prise en charge médicale, financement de la scolarité jusqu’au secondaire, accès à la formation professionnelle et bourse complète pour les études supérieures.
Nominations dans l’administration
Plusieurs responsables ont également été nommés à différents postes de l’administration publique. Parmi eux figure Moussa Kenneye Kodio, désigné directeur général du Contentieux de l’État à la Primature. D’autres nominations concernent les ministères de l’Économie et des Finances, de la Sécurité, des Affaires étrangères, de l’Éducation nationale, de la Communication et de la Promotion de la Femme.
Eau, diplomatie et perspectives démographiques
Lors de la séance, les membres du gouvernement ont aussi pris connaissance de plusieurs dossiers stratégiques. Le ministère de l’Énergie et de l’Eau a présenté la nouvelle Politique nationale de l’Eau pour la période 2026-2035, structurée autour de programmes visant l’accès à l’eau potable, les aménagements hydrauliques et la gestion durable des ressources.
Sur le plan diplomatique, la participation du Mali à la 61e session du Conseil des droits de l’homme à Genève a été évoquée. Les autorités maliennes y ont notamment dénoncé les exactions des groupes terroristes et mis en avant la coopération sécuritaire au sein de la Confédération des États du Sahel.
Enfin, un rapport sur les projections démographiques révèle une croissance rapide de la population. Selon ces estimations, le Mali pourrait atteindre près de 39,4 millions d’habitants en 2040 et plus de 51 millions en 2050, une évolution qui exigera d’importants investissements dans les infrastructures et les services publics.
Le Conseil a également été informé de la prochaine opération de vente promotionnelle de bovins prévue du 11 au 20 mars, destinée à stabiliser les prix du bétail pendant la période du Ramadan. Par ailleurs, la situation sanitaire du pays reste marquée par une baisse des cas confirmés de dengue, même si les autorités appellent à maintenir les mesures de prévention.
Avec ces décisions, l’exécutif tente de répondre simultanément aux urgences sociales, aux défis sécuritaires et aux exigences du développement à long terme du pays.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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