top of page

Soudan : à l’ONU, Kamil Idris cherche une issue diplomatique à la guerre

  • 23 déc. 2025
  • 2 min de lecture

 

Plus de 150 000 morts et des millions de déplacés : le conflit soudanais entre dans sa troisième année sans perspective claire de sortie. C’est dans ce contexte que le Premier ministre Kamil Idris, en poste depuis mai 2025, a entamé une visite à New York pour s’entretenir avec le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

 

Au cœur des échanges annoncés : la possibilité d’un cessez-le-feu et l’ouverture de couloirs humanitaires afin de soulager une population prise au piège des combats. Les discussions interviennent alors que les médiations internationales piétinent et que la situation sécuritaire se dégrade sur plusieurs fronts.

 

Une guerre qui s’étend au-delà du Darfour

 

Près de deux mois après la prise d’El-Fasher, capitale du Darfour du Nord, par les Forces de soutien rapide (FSR) le 26 octobre dernier, les violences ne faiblissent pas. Au contraire, elles gagnent des régions voisines, notamment le Kordofan, dans le sud du pays. Des organisations internationales font état d’exactions graves lors de l’offensive sur El-Fasher : massacres de civils, violences sexuelles et pillages, malgré les appels répétés à une trêve.

 

Cette dynamique alimente la crainte d’un embrasement régional et renforce l’urgence humanitaire, déjà qualifiée par l’ONU de « pire crise au monde » en cours.

 

Les Émirats arabes unis pointés du doigt

 

Sur le plan diplomatique, le dossier soudanais est également plombé par des accusations persistantes contre les Émirats arabes unis. Khartoum les accuse de soutenir militairement les FSR. Des enquêtes de l’ONU et d’Amnesty International évoquent des vols cargo acheminant du matériel militaire via le Tchad et la Libye. Abou Dhabi rejette ces accusations et affirme concentrer son action sur l’aide humanitaire.

 

La rupture des relations diplomatiques entre le Soudan et les Émirats, ainsi qu’une plainte déposée devant la Cour internationale de justice pour complicité de génocide, ont ajouté une dimension judiciaire et politique au conflit. Aux États-Unis, ces soupçons ont même suscité des débats au Congrès sur d’éventuelles ventes d’armes aux EAU.

 

Une feuille de route sous conditions

 

À New York, Kamil Idris doit présenter une position officielle du gouvernement soudanais. Selon Mohamed Abdel Qader, conseiller du Premier ministre, Khartoum se dit prêt à respecter une feuille de route prévoyant un cessez-le-feu, à condition que les FSR se retirent des villes et zones qu’elles contrôlent. L’objectif affiché est double : réduire l’intensité des combats et permettre l’acheminement sécurisé de l’aide humanitaire.

 

Cette initiative s’inscrit dans le sillage des déclarations d’Antonio Guterres, qui a récemment évoqué la préparation de discussions avec les deux camps, malgré l’échec des efforts menés jusque-là par le « Quad » (États-Unis, Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Égypte).

 

Une attente mondiale

 

Déchiré depuis avril 2023, le Soudan reste enlisé dans une guerre dont l’issue semble lointaine. La visite de Kamil Idris à l’ONU apparaît ainsi comme une tentative de relancer une dynamique diplomatique affaiblie. Reste à savoir si cette démarche suffira à transformer les engagements verbaux en avancées concrètes sur le terrain, où l’urgence humanitaire continue de dicter le tempo.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note*
bottom of page