Santé en Afrique de l’Ouest : le Burkina Faso veut réduire sa dépendance aux financements extérieurs
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« Pendant des décennies, nous avons tendu la main pour des financements. Ce temps est désormais révolu. » À Ouagadougou, le Premier ministre burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a donné le ton, mercredi 25 mars 2026, à l’ouverture du premier Forum national sur le financement de la santé (FONAFIS). L’événement marque une nouvelle étape dans la volonté du pays de renforcer son autonomie sanitaire.
Organisée dans la capitale burkinabè sous l’autorité du gouvernement et au nom du président Ibrahim Traoré, la rencontre rassemble responsables politiques, experts de la santé et partenaires techniques autour d’une question centrale : comment financer durablement les systèmes de santé africains sans dépendre excessivement de l’aide extérieure.
Une dépendance encore forte aux financements étrangers
Selon le directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique, le Dr Mohamed Janabi, une part importante des dépenses sanitaires du continent reste financée par l’extérieur. D’après lui, près d’un quart des budgets de santé provient encore de partenaires internationaux.
Cette situation devient de plus en plus fragile, a-t-il averti, car ces financements diminuent et restent souvent imprévisibles. Une analyse de l’OMS montre d’ailleurs que 27 pays africains demeurent particulièrement exposés à ces fluctuations.
Le Burkina Faso mise sur ses propres ressources
Face à cette réalité, les autorités burkinabè souhaitent changer de cap. Le gouvernement met en avant une stratégie reposant davantage sur les ressources nationales afin de consolider son système de santé et de le rendre plus résilient face aux crises.
Dans cette perspective, le budget consacré au ministère de la Santé a été porté à environ 12 % des dépenses publiques, malgré un contexte sécuritaire et humanitaire complexe. Plusieurs réformes ont également été engagées pour renforcer les capacités du pays.
Parmi les initiatives phares figure le programme « 1000 x 5 », qui prévoit la formation et le recrutement chaque année de mille médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes afin de combler les besoins du système sanitaire.
Une réflexion élargie aux pays de l’AES
La question de la souveraineté sanitaire dépasse toutefois le cadre national. Le forum se veut aussi un espace d’échanges pour les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), engagés dans des politiques de renforcement de leurs capacités internes.
En marge de la cérémonie d’ouverture, un panel ministériel a réuni plusieurs responsables de la santé, notamment ceux du Burkina Faso, du Sénégal, de la Gambie, de la Sierra Leone et du Tchad.
La ministre malienne de la Santé et du Développement social, le Colonel-Major Assa Badiallo Touré, y a présenté l’expérience du Mali en matière de mobilisation de ressources nationales, de modernisation des infrastructures hospitalières et de développement du partenariat public-privé.
Vers un nouveau modèle de financement
À travers ce forum, les autorités burkinabè espèrent dégager des pistes concrètes pour bâtir un système de financement plus stable et plus équitable. L’objectif est de poser les bases d’un modèle capable de soutenir durablement les politiques de santé publique, tout en renforçant la coopération régionale.
Les conclusions des travaux sont attendues comme un jalon important pour la construction d’une souveraineté sanitaire au Burkina Faso et, plus largement, dans l’espace sahélien.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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