Reconnaissance de l’État de Palestine : l’Algérie et l’Afrique, éclaireurs d’une cause aujourd’hui relancée en Europe
- 26 juil. 2025
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Alors que la France s’apprête à franchir un cap diplomatique majeur, le rôle précurseur de l’Algérie et du continent africain dans la reconnaissance de l’État palestinien revient sur le devant de la scène.
L’annonce du président Emmanuel Macron, ce 24 juillet 2025, concernant la reconnaissance imminente par la France de l’État de Palestine, attendue en septembre, marque une étape importante dans l’évolution de la diplomatie européenne. Mais bien avant ce positionnement de l’Hexagone, c’est le continent africain qui avait, dès la fin des années 1980, pris les devants sur ce dossier emblématique.
Alger, berceau d’une déclaration fondatrice
Le 15 novembre 1988, la capitale algérienne entre dans l’histoire comme théâtre de la proclamation officielle de l’indépendance de la Palestine. Réuni en session extraordinaire, le Conseil national palestinien, dirigé alors par Yasser Arafat, y annonce la naissance d’un État souverain, en s’appuyant sur les principes du droit international et les résolutions des Nations unies.
Ce choix de l’Algérie ne doit rien au hasard. Pays libéré au prix d’une lutte anticoloniale intense, Alger apparaissait comme un refuge naturel pour les mouvements de libération nationale. À travers cet acte symbolique, l’Algérie s’imposait comme un partenaire indéfectible de la cause palestinienne, scellant un lien idéologique et historique profond.
Un élan continental de solidarité
La déclaration d’Alger enclenche un mouvement immédiat de reconnaissances officielles à travers le continent. En quelques jours, plusieurs États africains, dont le Maroc, la Tunisie, Madagascar ou la Zambie, expriment leur soutien à la Palestine en tant qu’État indépendant. Cette vague s’amplifie au fil des mois, portée par la mémoire partagée des luttes pour la décolonisation et la souveraineté.
La majorité des pays africains adopte alors une position claire en faveur du droit à l’autodétermination du peuple palestinien, allant au-delà des postures diplomatiques pour faire de cette reconnaissance un acte de solidarité politique. Même l’Afrique du Sud post-apartheid, sous l’impulsion de Nelson Mandela, embrassera pleinement cette cause, affirmant sa proximité morale avec le combat palestinien.
Un exemple africain qui inspire
Aujourd’hui, alors que les débats sur la reconnaissance étatique de la Palestine refont surface dans les capitales occidentales, l’Afrique apparaît comme l’un des seuls continents à avoir affiché une position quasi unanime. Seuls deux pays, l’Érythrée et le Cameroun, n’ont pas encore formalisé leur reconnaissance.
Si cette position largement partagée ne modifie pas les rapports de force immédiats sur le terrain, elle confirme une chose essentielle : l’existence de l’État palestinien est, pour une grande partie du monde, une donnée acquise, et non un objet de négociation.
Alors que la France semble prête à emboîter le pas, elle s’inscrit dans une trajectoire historique que le Sud global, et notamment l’Afrique, a déjà largement dessinée. En ce sens, le geste attendu de Paris ne fait pas que répondre à une urgence diplomatique : il valide aussi, tardivement, une vision portée depuis longtemps par le continent africain.
Oura KANTÉ
Malikunafoni




































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