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Office du Niger : quand la gouvernance foncière devient la priorité

 

« Produire ne suffit plus, il faut sécuriser ». Derrière cette réalité silencieuse, l’Office du Niger aborde une nouvelle étape de son histoire avec la nomination du juriste Abdoulaye Diané au poste de Président-Directeur Général.

 

Dans l’imaginaire collectif, diriger un géant agricole suppose une expertise agronomique pointue. Pourtant, au cœur des difficultés actuelles de l’Office, ce ne sont plus les rendements qui concentrent les tensions, mais la gestion de la terre, des droits et des règles qui encadrent son exploitation.

 

Au fil des années, l’Office du Niger est devenu un espace de fortes pressions foncières : conflits entre exploitants, revendications paysannes, baux contestés, spéculation autour des parcelles aménagées. Autant de défis où la technique agricole montre ses limites face à des problématiques essentiellement juridiques.

 

C’est dans ce contexte que le choix d’un profil juridique prend tout son sens. Un juriste est en mesure de sécuriser les attributions, d’assainir les procédures, de renforcer la solidité des contrats et de rétablir un cadre équitable entre producteurs, investisseurs et État. La question n’est plus seulement « comment produire davantage », mais « qui a droit à quoi, et selon quelles règles ».

 

L’Office du Niger, institution stratégique pour la souveraineté alimentaire, doit également composer avec un arsenal réglementaire parfois ancien ou inadapté. La mise à jour des textes, la conformité des marchés publics et la crédibilité vis-à-vis des partenaires techniques et financiers exigent une lecture rigoureuse du droit.

 

Cette orientation n’est pas une rupture avec l’agronomie, mais un changement de priorité. La production repose toujours sur les ingénieurs et techniciens de terrain. Le rôle du PDG, lui, devient celui d’un arbitre institutionnel, capable de prévenir les conflits sociaux et de garantir une gouvernance plus juste.

 

Comme l’a souligné l’agroéconomiste Oumarou Mohamed Lamine, réagissant à cette nomination, plusieurs dirigeants issus d’horizons non agricoles ont marqué durablement l’Office par leur vision et leur capacité de gestion. L’histoire rappelle que la performance d’une institution ne dépend pas d’un seul corps de métier, mais de l’adéquation entre les défis du moment et les compétences mobilisées.

 

À l’heure où la terre est devenue un enjeu stratégique autant qu’un facteur de tension, le pari semble clair : mettre le droit au service de l’agriculture, pour que la production repose sur des bases solides et durables.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

Source : Office du Niger

 

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