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Mexique : le faux pas intime qui a mis fin à la cavale d’El Mencho

  • il y a 4 heures
  • 2 min de lecture

 

« Les organisations criminelles tombent rarement par la force seule. Elles chutent souvent par leurs failles humaines. » Cette phrase, attribuée à un responsable du renseignement mexicain, résume l’issue de la traque de Nemesio Oseguera Cervantes, alias El Mencho, chef du Cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), longtemps considéré comme l’homme le plus insaisissable du narcotrafic mexicain.

 

Après des années de recherches infructueuses, les autorités ont finalement localisé puis neutralisé le patron du CJNG à l’issue d’une opération d’envergure menée dans l’État de Jalisco. L’élément déclencheur n’est ni une interception téléphonique majeure ni une trahison interne spectaculaire, mais un lien personnel, discret, longtemps jugé secondaire par les services de sécurité du cartel.

 

Selon les informations communiquées par le ministère mexicain de la Défense, les services de renseignement surveillaient depuis plusieurs jours un cercle périphérique gravitant autour d’une des compagnes du narcotrafiquant. Un collaborateur proche, déjà identifié par les autorités, a servi de point d’entrée indirect. Ce suivi patient a conduit les enquêteurs jusqu’à la localité montagneuse de Tapalpa, connue pour avoir abrité par le passé plusieurs refuges de chefs criminels.

 

Les forces de sécurité ont volontairement différé leur intervention. L’objectif n’était pas seulement de confirmer la présence d’El Mencho, mais de comprendre son dispositif de protection, ses routines et les mouvements de son entourage immédiat. Le départ de la compagne, après une nuit passée sur place, a levé les derniers doutes.

 

Des renseignements complémentaires transmis par les services américains ont permis de consolider la localisation précise du chef du CJNG. À l’aube, une opération coordonnée a été déclenchée, mobilisant forces spéciales, unités terrestres, hélicoptères et surveillance aérienne. L’assaut s’est rapidement transformé en affrontements violents.

 

Huit hommes armés ont été abattus sur les lieux. El Mencho, grièvement blessé, a été capturé avec deux de ses gardes du corps. Tous trois sont décédés lors de leur évacuation, selon les autorités. L’opération et les violences consécutives ont fait plus de 70 morts au total, un bilan qui illustre la puissance militaire et l’ancrage territorial du CJNG.

 

La présidente Claudia Sheinbaum a suivi l’évolution de l’intervention en temps réel, signe de l’importance stratégique de cette cible pour l’État mexicain. Depuis plus d’une décennie, Nemesio Oseguera Cervantes défiait ouvertement les autorités, survivant à plusieurs tentatives de capture grâce à un système de protection sophistiqué et une mobilité permanente.

 

La chute d’El Mencho rappelle une constante dans la lutte contre le crime organisé : malgré les arsenaux, les réseaux et la peur qu’ils inspirent, les chefs criminels restent vulnérables à ce qu’aucune organisation ne contrôle totalement — les liens humains.

Reste désormais à savoir si la disparition de son chef affaiblira durablement le CJNG ou si le cartel, déjà structuré comme une armée, saura rapidement se réorganiser

 

La Rédaction

Malikunafoni

AfrikMag

 

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