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Mali : plus de 36 000 fonctionnaires privés de salaire pour absence d’enrôlement biométrique

  • 27 août 2025
  • 2 min de lecture

 

« Chaque franc malien doit être justifié », répète depuis plusieurs mois le ministère de l’Économie et des Finances. La décision vient de tomber : 36 151 agents publics verront leurs salaires suspendus pour n’avoir pas participé à l’opération d’enrôlement biométrique initiée par l’État.

 

L’annonce, estampillée confidentielle dans une note interne du ministère, marque une étape clé dans la lutte contre les doublons et les agents fictifs qui pèsent depuis longtemps sur les finances publiques maliennes. Selon les chiffres officiels, le recensement a permis d’identifier 158 317 agents de l’État. Parmi eux, seuls 122 166 ont été enregistrés dans le Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines (SIGRH). Les autres – soit plus d’un fonctionnaire sur cinq – ne se sont pas présentés.

 

Une masse salariale colossale en jeu

 

Derrière cette décision, c’est un enjeu budgétaire majeur : la suspension des salaires concernés représente une économie annuelle estimée à 48,28 milliards de FCFA. Dans un contexte de restrictions budgétaires et de priorités sécuritaires pressantes, cette somme équivaut à plusieurs programmes sociaux ou à l’entretien de milliers de soldats au front.

 

Un processus supervisé au plus haut niveau

 

Le rapport final de cette opération de biométrie a été remis le 15 août 2025 au président de la Transition, le général Assimi Goïta. Ce dernier avait fait de la maîtrise de la masse salariale et de la transparence dans la gestion publique un cheval de bataille depuis son arrivée au pouvoir. « L’État ne peut pas payer ceux qui n’existent pas », avait-il déclaré dans une allocution précédente sur la gouvernance.

 

Une mesure à la fois saluée et redoutée

 

Dans les administrations, la décision suscite autant de craintes que de satisfactions. Pour certains cadres financiers, il s’agit d’une mesure salutaire qui va enfin clarifier la situation des effectifs réels de la fonction publique. Mais pour des syndicats, il existe un risque de voir certains agents honnêtes pénalisés à cause d’un manque d’information ou de difficultés logistiques lors de l’enrôlement.

 

Et maintenant ?

 

Le ministère de l’Économie et des Finances a transmis la note aux directeurs administratifs et financiers de la Présidence, de la Primature, des départements ministériels et aux collectivités territoriales. Ces responsables devront appliquer sans délai la suspension. Reste à savoir combien d’agents pourront encore régulariser leur situation et si le gouvernement ouvrira une période de rattrapage.

 

Oura KANTÉ

Malikunafoni

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