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Mali : Bamako retire Al Arabiya des écrans après un reportage controversé sur Kidal

  • 26 mai
  • 2 min de lecture

 

Le 19 mai 2026, les autorités maliennes ont ordonné le retrait immédiat de la chaîne saoudienne Al Arabiya de tous les bouquets télévisés autorisés au Mali, à la suite d’un reportage diffusé quelques jours plus tôt sur la situation sécuritaire dans le nord du pays.

 

« Une atteinte à la souveraineté nationale »

 

Tout est parti d’un sujet diffusé le 8 mai 2026 par la chaîne d’information, via sa branche Al Hadath. Le reportage évoquait le retrait des forces maliennes et de leurs alliés russes dans la région de Kidal, en présentant le camp d’Amachach comme étant désormais sous contrôle de groupes armés.

 

Dans son récit, le journaliste parlait d’un départ “organisé” et “sans affrontement”, affirmant que la zone aurait été récupérée par le Front de Libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Des déclarations qui ont immédiatement provoqué la colère des autorités maliennes.

 

À Bamako, cette version des faits a été perçue comme une remise en cause directe des opérations militaires menées dans le nord du pays, dans un contexte sécuritaire déjà extrêmement tendu.

 

La HAC dénonce un traitement “non professionnel”

 

Saisie du dossier, la Haute Autorité de la Communication a accusé la chaîne d’avoir diffusé des informations insuffisamment vérifiées et de ne pas avoir respecté les règles élémentaires du traitement journalistique.

 

L’organe de régulation reproche notamment au reportage :

·         L’absence de sources officielles maliennes ;

·         Le manque de contradictoire ;

·         La diffusion d’images de prisonniers identifiables ;

·         Et la mise en avant de groupes armés considérés comme terroristes.

Selon la HAC, ces éléments constituent des violations graves de la législation audiovisuelle malienne ainsi que du code de déontologie de la presse.

 

Une décision liée au contexte sécuritaire

 

Depuis plusieurs mois, les autorités de transition affichent une ligne particulièrement ferme sur les questions liées à l’armée et à l’intégrité territoriale. Toute information susceptible d’être interprétée comme une victoire des groupes armés ou comme un affaiblissement des Forces armées maliennes est désormais traitée avec une extrême sensibilité.

 

Pour les autorités, laisser circuler un reportage évoquant un “repli négocié” risquait d’alimenter les tensions et de fragiliser davantage l’opinion publique dans un contexte de guerre asymétrique.

 

Cette fermeté s’inscrit aussi dans une volonté plus large de contrôle du récit médiatique autour des opérations militaires menées dans le nord du Mali.

 

Ce que prévoit la loi malienne

 

La décision de suspension s’appuie notamment sur la loi malienne de 2012 encadrant la communication audiovisuelle. Ce texte autorise des restrictions lorsqu’un contenu est jugé contraire à la dignité humaine, à la sécurité nationale ou à l’unité du pays.

 

Les autorités ont également invoqué les règles déontologiques imposant aux journalistes le recoupement des informations et l’équilibre des points de vue avant diffusion.

 

Une suspension sans échéance

 

La mesure, signée par le président de la HAC, Maurice Goudjilou, reste valable “jusqu’à nouvel ordre”. Pour l’heure, aucune réaction officielle de la chaîne saoudienne n’a encore été rendue publique.

 

Cette affaire pourrait désormais relancer le débat sur les limites de la liberté de la presse en période de crise sécuritaire au Sahel. Elle pose aussi une question plus large : jusqu’où les États peuvent-ils contrôler le récit médiatique au nom de la souveraineté nationale ?

 

Oura KANTE

Malikunafoni

 

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