Madagascar après Fytia : l’urgence humaine au cœur du chaos
- malikunafoninet
- il y a 16 heures
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« Plus de 8 000 personnes affectées en quarante-huit heures » : ce chiffre résume l’onde de choc laissée par le cyclone Fytia sur Madagascar. En traversant l’île d’ouest en est entre le 31 janvier et le 1er février, le phénomène météorologique a bouleversé le quotidien de milliers de familles et mis à rude épreuve les capacités de réponse des autorités.
Dès son entrée sur le territoire par le nord-ouest, à proximité de Majunga, Fytia s’est signalé par une violence rare. Des vents dépassant les 200 km/h et des pluies continues ont accompagné sa progression, affectant aussi bien les zones côtières que les hauts plateaux. Selon le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), le bilan humain fait état d’un décès à Antananarivo et d’une personne portée disparue dans le nord-ouest du pays.
Des populations déplacées, des vies suspendues
Au fil des heures, l’ampleur des dégâts s’est révélée. Plus de 8 400 personnes ont été identifiées comme sinistrées. Parmi elles, plus de 7 200 ont dû être évacuées vers des sites d’hébergement d’urgence mis en place par les autorités, tandis qu’environ 1 200 autres ont trouvé refuge auprès de proches. Mais ces déplacements forcés n’ont rien d’anodin : ils traduisent la fragilité de nombreuses habitations face aux intempéries extrêmes.
Antananarivo, symbole d’une vulnérabilité persistante
Dans la capitale, la tempête a exposé des failles structurelles bien connues. Des quartiers entiers ont été submergés après une nuit de pluies intenses, notamment dans le district IV. L’eau s’est infiltrée dans les maisons, parfois jusqu’aux genoux, entraînant l’effondrement de constructions précaires. Dans certaines zones, les habitants se déplacent désormais à l’aide de charrettes improvisées, faute de routes praticables.
Le BNGRC a annoncé le déploiement de pompes pour évacuer les eaux stagnantes. Toutefois, l’état des canaux d’assainissement, souvent étroits et vétustes, complique les opérations et ralentit le retour à la normale.
Une catastrophe naturelle aux risques multiples
Au-delà des destructions visibles, les autorités redoutent une aggravation de la situation sanitaire. Les inondations surviennent dans un contexte déjà sensible, marqué par une épidémie de mpox. La promiscuité dans les centres d’accueil et la stagnation des eaux constituent un terrain propice à la propagation de maladies, incitant les services de santé à renforcer la vigilance.
Et après ?
Si Fytia s’éloigne désormais des côtes malgaches, en perdant de son intensité sur sa trajectoire maritime, ses conséquences restent bien présentes sur l’île. Entre urgence humanitaire, défis sanitaires et questions structurelles, Madagascar fait face à un nouvel épisode qui interroge sa résilience face aux phénomènes climatiques extrêmes. Les prochains jours seront déterminants pour mesurer la capacité du pays à passer de la gestion de crise à la reconstruction.
Oura KANTE
Malikunafoni










































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