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Un atelier sur les bourses agité mais « concluant » selon l’État, les étudiants restent vigilants

 

Dakar, le 4 février 2026 – Alors que des rumeurs de coupes budgétaires dans le système de bourses étudiantes circulaient, le gouvernement sénégalais est sorti du silence. Le ministère de l’Enseignement supérieur (MESRI) a publié un communiqué pour « clarifier » les objectifs d’un atelier national qui s’est tenu cette semaine, un atelier marqué par le retrait d’une partie des participants étudiants dès la première journée.

 

Une réforme présentée comme inclusive et technique

 

L’atelier, organisé les 2 et 3 février, avait pour ambition officielle de préparer une refonte de la politique nationale des bourses. Le ministère insiste sur le caractère « inclusif » de la démarche, ayant réuni, outre ses services et ceux des Finances, la société civile, des associations de parents, des syndicats et des représentants étudiants.

 

Selon le MESRI, les travaux visaient à évaluer financièrement le système des bourses sur la période 2020-2025 et à identifier les faiblesses du décret de 2014 qui régit leur attribution. L’objectif affiché est double : mettre fin à des « pratiques non-conformes à l’orthodoxie budgétaire » tout en garantissant « plus d’inclusivité sociale ». Le ministère réfléchit notamment à mieux aligner les dates de paiement des bourses avec le calendrier universitaire.

 

Dénonciation des « rumeurs » et tensions en coulisses

 

Face aux inquiétudes, le communiqué prend soin de démentir catégoriquement certaines informations ayant circulé. « Il n’a jamais été question de remettre en cause les droits des étudiants, de réduire les taux ou de supprimer des bourses », assure le MESRI. Ce démenti officiel laisse entendre que la crainte d’une diminution des aides était au cœur des tensions.

 

Et les tensions ont été palpables. Le texte du ministère reconnaît lui-même, presque en passant, que « les objectifs visés ont été atteints malgré le retrait d’une partie des étudiants lors de la première journée ». Ce retrait, non expliqué dans le détail, est le signe d’un possible désaccord ou d’un malaise parmi les représentants de la jeunesse étudiante lors des discussions.

 

Vers un nouveau cadre réglementaire en quête de consensus

 

Le ministère affirme que les recommandations issues de l’atelier seront soumises aux autorités et remercie les participants. Il les appelle à « poursuivre les discussions » pour aboutir à un « consensus » sur le futur cadre réglementaire et les modalités pratiques d’attribution.

 

La balle est désormais dans le camp du gouvernement. La prochaine étape consistera à transformer les recommandations de cet atelier en projet de texte concret. Ce sera le moment de vérité pour vérifier si les garanties données sur le maintien des droits seront tenues. La communauté étudiante, dont une frange a déjà manifesté sa défiance par son retrait, suivra de très près la suite du processus, prête à réagir si la réforme promise devait, finalement, ressembler aux craintes qu’elle a exprimées.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

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