Les frontières du Burkina Faso se ferment au riz étranger pour protéger les récoltes locales
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Deux mois pour rentrer la marchandise déjà commandée, et après, plus aucun grain venu de l’étranger ne sera admis. Le gouvernement burkinabè a tranché : l’heure est à la consommation locale.
C’est une décision qui va modifier les habitudes des grossistes et des importateurs. À compter du 29 avril 2026, le riz venu d’ailleurs n’est plus le bienvenu au Burkina Faso. Les trois ministres concernés – du Commerce, de l’Agriculture et des Finances – ont signé un arrêté commun qui suspend purement et simplement l’entrée de cette céréale sur tout le territoire.
Pourquoi une telle mesure ? Pour permettre aux producteurs nationaux d’écouler leurs stocks. Après des mois de récoltes locales, les sacs de riz burkinabè peinent parfois à trouver preneur face à des importations massives. Le gouvernement a choisi la manière forte : fermer temporairement la frontière commerciale à ce produit.
Un délai de deux mois pour les derniers importateurs
Les commerçants qui possèdent déjà une Autorisation Spéciale d’Importation (ASI) ne sont pas jetés dehors du jour au lendemain. Ils disposent d’un répit de deux mois pour faire entrer leurs commandes en cours. Passé ce délai, l’administration ne délivrera plus aucun nouveau sésame.
Le ton du communiqué officiel ne laisse guère de place au doute : toute infraction sera sanctionnée, et les agents aux postes frontières ont reçu la consigne de veiller au grain – sans mauvais jeu de mots.
Un appel au « patriotisme économique »
Derrière les aspects techniques, le gouvernement lance un appel presque solennel aux acteurs économiques : jouez le jeu. L’expression « patriotisme économique » revient comme un mot d’ordre. Cela signifie que l’on attend des commerçants qu’ils privilégient l’intérêt collectif et la production nationale, même si cela implique pour eux de renoncer temporairement à des marges plus avantageuses sur le riz importé.
Les autorités ont même prévu une ligne verte – trois numéros gratuits – pour que les citoyens puissent signaler d’éventuels contournements. Une manière d’associer la population à la surveillance.
Un pari sur l’autosuffisance
Reste une question : cette suspension sera-t-elle levée quand les greniers locaux seront vides ? Le communiqué ne le dit pas. La mesure est valable « jusqu’à nouvel ordre ». Tout se passe comme si le gouvernement voulait envoyer un signal fort : le Burkina Faso compte d’abord sur son propre riz, et l’importation redevient l’exception, non la règle.
Pour les consommateurs, l’impact pourrait se faire sentir dans quelques mois, selon l’abondance ou non de la récolte nationale. Pour l’instant, le message s’adresse surtout à la filière professionnelle : changez vos fournisseurs, ou attendez.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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