« Le football africain est sous tutelle » : un ancien ministre sonne l’alarme
- malikunafoninet
- il y a 24 heures
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« Tant que les décisions stratégiques ne seront pas prises par les Africains eux-mêmes, le football du continent restera dépendant. » C’est par ce constat sévère que Serigne Mbacké Ndiaye, ancien ministre sénégalais des Sports, interpelle l’opinion dans un texte consacré à l’avenir du football africain. Pour lui, la crise que traverse ce sport dépasse les simples résultats sportifs : elle est avant tout institutionnelle et politique.
Une gouvernance africaine vidée de sa substance
Au cœur de sa réflexion, une conviction : le centre de gravité du football africain ne se situe plus en Afrique. Selon l’ancien ministre, la Confédération africaine de football (CAF) ne jouerait plus qu’un rôle d’exécutant, tandis que les décisions majeures seraient orientées par la Fédération internationale de football (FIFA).
Cette situation, estime-t-il, affaiblit la capacité du continent à définir ses propres priorités et à bâtir un projet sportif adapté à ses réalités.
Des choix structurels qui interrogent
Pour étayer son propos, Serigne Mbacké Ndiaye évoque plusieurs décisions récentes qu’il juge défavorables au football africain. Parmi elles, la reprogrammation de compétitions continentales pour s’adapter au calendrier international, la remise en cause du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), ou encore l’évolution du format et de la périodicité de la Coupe d’Afrique des nations (CAN).
Il pointe également la réduction des délais accordés aux clubs pour libérer leurs joueurs en sélection, une mesure qui, selon lui, fragilise les équipes nationales africaines.
Représentation africaine : un déséquilibre croissant
Autre sujet de préoccupation : la place de l’Afrique dans les instances décisionnelles du football mondial. L’ancien ministre déplore le recul de pays historiquement influents comme le Sénégal, le Cameroun ou le Nigeria, au profit d’États moins présents sur la scène footballistique.
À ses yeux, cette recomposition affaiblit la voix du continent dans les débats stratégiques et contribue à une marginalisation progressive des grandes nations africaines.
Des soupçons autour de certaines compétitions
Serigne Mbacké Ndiaye revient également sur des épisodes arbitrales controversés lors de compétitions majeures, estimant que certaines décisions auraient manqué de transparence. Il évoque notamment des changements d’arbitres opérés à la dernière minute lors de rencontres décisives, nourrissant, selon lui, un sentiment d’injustice et de défiance envers les instances organisatrices.
Appel à une riposte diplomatique organisée
Pour l’ancien ministre, la dénonciation ne suffit plus. Il appelle les autorités sénégalaises, en particulier le ministère en charge des Sports, à initier des concertations afin de structurer une véritable diplomatie sportive. Il plaide pour une mobilisation élargie, incluant des personnalités influentes du monde culturel, économique et institutionnel, capables de porter la voix du Sénégal et de l’Afrique sur la scène internationale.
Vers une mobilisation panafricaine
Conscient des limites d’action des fédérations nationales, soumises à des règles strictes, Serigne Mbacké Ndiaye propose la création d’un cadre indépendant regroupant les acteurs africains désireux de défendre une gouvernance plus équitable du football continental. Il évoque la mise en place d’un comité panafricain, porté par des profils expérimentés issus à la fois du sport et de la diplomatie.
Un débat relancé sur l’avenir du football africain
En filigrane, cette prise de position relance une question centrale : l’Afrique maîtrise-t-elle réellement le destin de son football ?
Au-delà de la polémique, l’appel de Serigne Mbacké Ndiaye ouvre un débat plus large sur la souveraineté sportive du continent et sur la nécessité de repenser ses rapports avec les instances internationales. Un débat qui pourrait, à terme, redessiner les équilibres du football mondial.
Oura KANTE
Malikunafoni










































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