Kenya : à Nairobi, un immeuble de 16 étages s’effondre et relance l’alerte sur les chantiers
- 2 janv.
- 2 min de lecture

« Nous avons entendu un grondement, puis tout s’est écroulé en quelques secondes », raconte un riverain encore sous le choc. Ce vendredi, un immeuble de seize étages en construction s’est brutalement effondré dans le quartier de South C, à Nairobi, provoquant une mobilisation d’urgence et ravivant les craintes persistantes liées à la sécurité des bâtiments dans la capitale kényane.
Le drame s’est produit en pleine journée dans cette zone dense et en forte croissance immobilière. Selon des témoins, plusieurs personnes se trouvaient à l’intérieur de la structure au moment de l’effondrement. Des équipes de secours, appuyées par des volontaires et des habitants du voisinage, ont rapidement investi les lieux pour dégager les décombres et rechercher d’éventuels survivants. À ce stade, les autorités n’ont communiqué aucun bilan officiel, ni sur le nombre de victimes potentielles ni sur l’origine précise de l’accident. Les opérations de recherche se poursuivent, tandis qu’une enquête a été annoncée dès que les conditions de sécurité le permettront.
Une capitale sous pression immobilière
South C n’est pas un cas isolé. Nairobi connaît depuis plusieurs années une urbanisation accélérée, alimentée par la croissance démographique et une demande soutenue de logements. Cette course à la construction s’est souvent faite au détriment du respect strict des normes techniques, selon de nombreux experts du secteur. Des promoteurs sont régulièrement mis en cause pour l’utilisation de matériaux de qualité insuffisante, le non-respect des études de sol ou le contournement des procédures d’autorisation.
Les précédents sont lourds. En 2015, l’effondrement d’un immeuble avait fait au moins 15 morts, déclenchant une onde de choc nationale. À l’époque, un audit général des bâtiments avait été ordonné. L’Autorité nationale de la construction avait alors livré un constat alarmant : plus de la moitié des bâtiments de Nairobi — environ 58 % — étaient jugés impropres à l’habitation, révélant des défaillances structurelles majeures et un contrôle insuffisant du secteur.
Des réformes promises, des drames répétés
Malgré les engagements pris à la suite de ces révélations, les effondrements continuent de ponctuer l’actualité kényane. En octobre 2024, un immeuble de sept étages s’était déjà écroulé à Nairobi, relançant le débat sur l’efficacité réelle des mécanismes de contrôle et de sanction.
Pour plusieurs observateurs, ces accidents à répétition traduisent un problème plus profond de gouvernance urbaine : application inégale des lois, corruption, manque de suivi technique des chantiers. L’effondrement de ce nouvel immeuble remet une fois encore en lumière la responsabilité conjointe des autorités et des promoteurs dans la protection des populations urbaines.
Les prochains jours devraient permettre d’établir les causes exactes du sinistre. Reste à savoir si ce drame marquera un tournant décisif vers des mesures plus strictes et durables, ou s’il viendra s’ajouter à la longue liste des alertes restées sans lendemain.
Oura KANTE
Malikunafoni




































Commentaires