Justice commerciale : Bamako ouvre une nouvelle ère avec une formation 100 % professionnelle
- il y a 14 heures
- 2 min de lecture

Un tournant discret mais structurant s’est joué ce mercredi 11 février 2026 au Tribunal de commerce de Bamako. Pour la première fois, une audience s’est tenue sans juges consulaires, marquant l’entrée en application concrète de la nouvelle loi portant organisation judiciaire, dans le cadre de la Semaine de la Justice.
Désormais, les affaires commerciales sont examinées par une formation collégiale composée exclusivement de trois magistrats de carrière. Ce changement met fin à un modèle longtemps fondé sur la participation de juges issus du secteur privé, appelés à siéger à titre bénévole aux côtés des magistrats professionnels.
Pour les autorités judiciaires, l’enjeu est avant tout pratique et institutionnel. Le ministre de la Justice, Mamoudou Kassogué, explique que cette réforme vise à faire évoluer des usages commerciaux parfois informels vers un cadre juridique plus strict, fondé sur des règles claires et uniformes. L’objectif affiché est de renforcer la rigueur, la cohérence et la lisibilité des décisions rendues.
Au cœur de cette transformation se trouve la sécurisation du climat des affaires. La suppression des juges consulaires permet de réduire les reports d’audiences souvent liés à leur indisponibilité, et d’assurer une continuité plus régulière du service public de la justice. En s’appuyant uniquement sur des magistrats professionnels, le tribunal gagne en technicité et en prévisibilité, deux critères essentiels pour les acteurs économiques.
Cette évolution est également présentée comme un signal adressé aux investisseurs. Une justice commerciale plus rapide, plus disponible et mieux structurée constitue un levier de confiance, dans un contexte où l’attractivité économique repose aussi sur la solidité des institutions.
Si cette première audience sans juges consulaires a valeur de symbole, elle ouvre surtout la voie à une nouvelle pratique judiciaire. Les prochaines semaines permettront d’évaluer l’impact réel de cette réforme sur le traitement des litiges commerciaux et sur la perception du système judiciaire par le monde des affaires.
La Semaine de la Justice se poursuit, avec en toile de fond une ambition assumée : moderniser l’appareil judiciaire et l’adapter aux exigences d’une économie en mutation.
Oura KANTE
Malikunafoni
























