Innovation africaine : le financement « doit changer de logique », plaide le ministre Moussa Alassane Diallo
- 12 déc. 2025
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« On ne peut pas financer l’innovation africaine avec des modèles qui n’ont jamais été pensés pour elle. » C’est par ces mots que le Ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a planté le décor, ce jeudi 11 décembre 2025, lors d’un panel de haut niveau consacré à l’avenir de l’entrepreneuriat et des économies innovantes sur le continent.
Réunis sous l’égide de l’OAPI, aux côtés de l’ARIPO, de l’OMPI, de représentants du Canada et du Japan Patent Office, les experts ont longuement débattu d’un enjeu devenu central : comment bâtir des mécanismes efficaces pour soutenir les inventeurs, jeunes entrepreneurs et PME africaines dans un marché mondial de plus en plus compétitif et dominé par la technologie.
Un débat récurrent, mais une réalité qui évolue peu
Le Ministre Diallo, ancien banquier, a choisi de déplacer le débat. Pour lui, le problème n’est pas seulement l’insuffisance des fonds, mais « la manière même dont le financement est pensé ».
Depuis plusieurs décennies, souligne-t-il, les approches se répètent, les obstacles demeurent et les besoins réels des économies africaines restent insuffisamment intégrés dans les modèles proposés par les institutions financières.
Alors que les experts insistaient sur le rôle crucial de la propriété intellectuelle, des incubateurs et du numérique, le ministre a préféré rappeler une évidence trop souvent négligée : l’Afrique doit inventer ses propres outils. Financer une start-up agricole, une innovation énergétique ou une solution logistique en Afrique ne peut se faire « sur les mêmes schémas que dans des économies déjà massivement capitalisées ».
Vers un modèle endogène et pragmatique
Pour Moussa Alassane Diallo, le futur doit se bâtir sur les réalités locales :
– Des dispositifs de financement adaptés à la taille réelle des entreprises ;
– Des approches graduelles permettant d’accompagner l’innovation dans le temps ;
– Une meilleure structuration des risques spécifiques aux marchés africains ;
– Et surtout, une plus grande valorisation des idées issues des territoires, souvent ignorées des circuits classiques.
Cette « réinvention » du financement, selon lui, serait la condition pour faire émerger des champions technologiques africains réellement compétitifs.
Un chantier stratégique pour 2026
Alors que les réflexions se poursuivent au sein des organisations régionales de propriété intellectuelle, le Mali entend jouer un rôle moteur. Le panel, note-t-on, a également insisté sur la nécessité d’une coopération accrue entre États et institutions pour mutualiser les expertises, renforcer la protection des innovations et attirer des investisseurs internationaux.
Le débat devrait se poursuivre lors des prochaines rencontres techniques de l’OAPI. Avec, en toile de fond, une question essentielle : l’Afrique osera-t-elle enfin inventer son propre modèle de financement pour accélérer l’innovation ?
Oura KANTE
Malikunafoni




































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