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Industrie malienne : compter pour mieux bâtir

  • 27 janv.
  • 2 min de lecture

 

« On ne pilote pas un secteur stratégique à l’aveugle. » Le constat est partagé au sein du ministère de l’Industrie et du Commerce, qui a officiellement lancé, le lundi 26 janvier 2026, une vaste opération de recensement industriel national. Une démarche inédite par son ambition : établir, pour la première fois, une cartographie précise et actualisée de l’appareil industriel du Mali.

 

Portée par la Direction nationale de l’Industrie (DNI) en collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), l’initiative vise à répondre à une faiblesse structurelle souvent dénoncée par les acteurs économiques : l’absence de données fiables pour orienter les politiques publiques et les investissements privés.

 

Un secteur clé encore mal connu

 

Aujourd’hui, les estimations disponibles font état d’environ 1 067 unités industrielles, de plus d’une centaine d’huileries, et d’une contribution de l’industrie manufacturière évaluée à 7 % du Produit intérieur commercial (PIC). Des chiffres jugés indicatifs, mais insuffisants pour appréhender la réalité d’un secteur en pleine mutation.

 

« Nous avons besoin d’une photographie fidèle du tissu industriel, dans toutes ses dimensions : taille, localisation, activités, contraintes et potentiel », a expliqué le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, devant un parterre de représentants du secteur privé, d’organisations patronales et d’autorités locales.

 

La donnée au cœur de la Vision 2063

 

Au-delà de l’exercice statistique, le recensement s’inscrit dans la Vision “Mali Kura Nietassira ka Ben 2063 ma”, qui ambitionne une transformation structurelle de l’économie nationale. Pour le gouvernement, disposer de données robustes permettra de mieux cibler les réformes, d’attirer des investissements durables et de corriger les déséquilibres territoriaux dans l’implantation des industries.

 

Les organisations professionnelles, notamment la CCIM et l’Organisation patronale des industriels (OPI), ont salué une initiative perçue comme un tournant dans la gouvernance du secteur. Elles y voient un outil capable de renforcer la confiance entre l’État et les opérateurs économiques.

 

Un défi de terrain

 

Conscient des enjeux, le ministre a insisté sur la qualité du travail attendu des équipes mobilisées. En remettant les kits aux agents recenseurs, il a appelé à la rigueur, à la maîtrise des outils numériques et à un professionnalisme exemplaire sur le terrain.

 

Un effort particulier sera également consacré à la sensibilisation des industriels, condition essentielle pour garantir leur adhésion et la fiabilité des informations collectées.

 

Vers une industrie plus inclusive

 

À terme, ce recensement pourrait devenir la pierre angulaire d’une politique industrielle plus inclusive et mieux pilotée, fondée sur des réalités mesurées plutôt que sur des estimations approximatives. Les résultats sont attendus comme une boussole pour les prochaines décisions publiques, dans un contexte où l’industrialisation est plus que jamais présentée comme un levier de souveraineté économique.

 

La publication des premières données issues du recensement est attendue dans les mois à venir.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

 

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