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Gabon : un ancien ministre rattrapé par un projet fantôme

  • 29 déc. 2025
  • 2 min de lecture

 

« Aucun éco-lodge n’a jamais vu le jour ». Ce constat, partagé par plusieurs acteurs du secteur touristique, résume l’un des dossiers qui valent aujourd’hui à Pascal Ogowe Siffon, ex-ministre gabonais du Tourisme, d’être entendu par la justice. À l’issue de son audition, une détention provisoire n’est pas exclue, selon des sources proches de la procédure.

 

Au centre des investigations figure un programme ambitieux de six éco-lodges censés renforcer l’attractivité écotouristique du Gabon. Annoncé comme un levier de diversification économique, le projet n’a pourtant laissé aucune trace concrète sur le terrain, malgré des financements mobilisés et des engagements officiellement pris.

 

Selon plusieurs témoignages recueillis dans le secteur, les fonds affectés à ce programme auraient été redirigés vers d’autres initiatives restées, elles aussi, inachevées, notamment l’hôtel de Moanda. Une situation qui soulève de lourdes interrogations sur la gestion des ressources publiques durant le passage de Pascal Ogowe Siffon au ministère.

 

Les enquêteurs s’intéressent également à un mode de gestion jugé opaque, marqué par une forte concentration des décisions financières autour de proches de l’ancien ministre et de certains collaborateurs. Des comptes bancaires ouverts à la BGFI auraient servi à centraliser ces flux, brouillant la frontière entre administration publique et intérêts privés, selon des experts interrogés.

 

Ce dossier rappelle d’autres affaires ayant récemment défrayé la chronique au Gabon, à l’image du scandale Cap-Caravane révélé en janvier 2025. Dans un contexte de transition politique et de volonté affichée de moralisation de la vie publique, cette procédure pourrait marquer une nouvelle étape dans la lutte contre les détournements de fonds et l’exigence de redevabilité des anciens responsables publics.

 

Reste désormais à savoir si la justice gabonaise décidera d’aller plus loin dans ce dossier, alors que l’opinion publique attend des actes forts pour restaurer la confiance dans la gestion des affaires de l’État.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

News Afrique

 

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