Gabon : le débat sur la peine capitale renvoyé à la décision populaire
- malikunafoninet
- 12 janv.
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Quinze ans après son abolition, la peine de mort revient au centre du débat public gabonais. Le 8 janvier 2025, au Palais Rénovation, à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a annoncé son intention de soumettre la question à une consultation populaire.
Le chef de l’État a clairement indiqué qu’il ne souhaitait pas décider seul sur un sujet aussi lourd de conséquences. Pour lui, la réintroduction éventuelle de la peine capitale relève d’un choix collectif, qui doit exprimer la volonté souveraine du peuple gabonais. Une position qui marque une rupture avec les décisions unilatérales souvent associées aux questions pénales sensibles.
Cette annonce intervient dans un contexte national tendu, marqué par une recrudescence des actes criminels et par une partie de l’opinion publique qui appelle à des réponses plus sévères de l’État. Sans afficher de position tranchée, le président a insisté sur la complexité du sujet, rappelant que la peine de mort touche à des enjeux multiples : sécurité, justice, droits humains et valeurs sociales.
Abolie en 2010, la peine capitale reste un sujet profondément clivant au Gabon. Sa possible remise sur la table ouvre un espace de discussion inédit, qui dépasse le cadre politique. Partis, organisations de la société civile, leaders religieux et défenseurs des droits humains sont désormais appelés à nourrir un débat national annoncé comme déterminant.
En choisissant la voie de la consultation populaire, Brice Clotaire Oligui Nguema affirme une volonté de gouvernance participative sur les grandes questions de société. Reste désormais à connaître les modalités de cette consultation et le calendrier retenu, alors que le pays s’engage dans une séquence de discussions qui pourrait peser durablement sur son orientation juridique et sociale.
Oura KANTE
Malikunafoni
News Afrique










































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