Femme et politique au Mali : le soutien des hommes compte beaucoup


La politique est un domaine où évoluentbeaucoup plusles hommes que les femmes. Au Mali, rares sont les femmes qui s’intéressent à la politique à cause des obstacles. Lesquels sont souvent liés au manque de soutien des hommes. Ce manque de soutien des hommes est même un obstacle à l’application correcte et durable de la loi N◦2015-052/ du 18 décembre 2015 pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions électives en particulier. Cette loi constitue un moyen légal pour améliorer la participation des femmes dans les affaires publiques au Mali et assurer une démocratie inclusive.

Selon Seydou Traoré, 3ème adjoint au maire de la commune de Djéba, quand on parle de politique, on parle d’une nation. Et quand on parle d’une nation, on parle de la population qui est constituée d’hommes et de femmes. Pour lui, l’homme ne peut pas aller sans la femme. Il estime alorsque la participation massive des femmes à la vie politique est une nécessité.

Ilappelle par ailleurs les femmes maliennes à venir sur la scène politique pour mieux conseiller la nation. «L’homme et la femme vont ensemble. Sans la femme, il n’y a pas d’homme, non plus une famille. L’homme doit donner sa liberté à la femme pour qu’on puisse aller ensemble pour fonder une famille politique ensemble», déclare Seydou Traoré.

Le soutien du conjoint

Mme Kane Mariam Dembélé, ancienne députée, témoigne avoir eu beaucoup de soucis entant que femme politique. En revanche, elle affirme que son mari l’a beaucoup soutenue dans ses activités politiques. De même que sa belle-famille.

«Mon mari ne s’est jamais opposé à ma vie politique, ma belle-famille me soutient aussi financièrement et moralement. Pour promouvoir la participation massive des femmes à la vie politique au Mali, il faut continuer avec la sensibilisation à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Surtout nos maris, beaucoup ne comprennent pas», préconise-t-elle.

Pour Mme Adiawiakoye Ramatou Koné, la présidente du bureau national des femmes de l’URD, sa vie politique se passe comme celle de toutes les autres femmes. «Je m’organise de façon régulière à donnerdu temps à ma famille, à mon travail et à la politique. Mon mari me soutient dans tout ce que je fais, il n’a jamais à contrarier mes activités. Bien au contraire, il m’encourage, il me soutient et je le remercie pout tout cela», témoigne-t-elle.

Pour elle, faire de la politique, c’est apporter son soutien au développement du pays. Quand une femme est engagée, dit-elle, elle est aussi efficace que les hommes et bien plus que certains hommes. Selon Mme ADIAWIAKOYE, quand la femme est convaincue de ce qu’elle fait, elle y met du sien.

«Donc il faut que les hommes sachent que ce que nous faisons, ce n’est qu’un appui à ce qu’ils font tous les jours.Nous ne pouvons pas nous épanouir tant que nous ne faisons pas de la politique. Nous demandons des places, mais il faut mériter aussi. Tant qu’on est dans la chose, on peut en avoir les bénéfices. Nous sommes des mères, épouses, sœurs. Donc, tout ce qui concerne la nation, nous concerne. Nous travaillons pour l’avenir de nos enfants», martèle-t-elle.

L’engagement des femmes

Mme Adiawiakoye lance un appel aux jeunes dames pour assurer la relève. «J’ai commencé la politique à l’âge de 22 ans et aujourd’hui, j’ai plus de 70 ans.Il est temps que vous vous réveillez en vous mettant à l’œuvre pour prendre la relève. On ne donne pas la relève, elle s’arrache.Vous ne pouvez pas rester chez vous et attendre qu’on vous appelle. Il faut s’assumer, montrer que vous êtes capable de quelque chose», fait-elle savoir.

Pour Ousmane Bah, président des jeunes de Prvm-Fasoko, il faut que les femmes s’intéressent à la politique. Ce jeune homme politique déplore l’absence d’engouement des associations. «Elles ne viennent pas pour leur ambition politique, mais pour des petits sous ou des marmites. Il faut que les femmes comprennent qu’elles peuvent être des députés, des maires comme les hommes. Je lance un appel aux femmes de venir s’impliquer dans la gestion politique. Le Mali-Koura ne peut se faire sans les femmes», croit-il savoir.

En tant que membre d’une organisation féminine de promotion et de protection des droits des femmes, Nassa Konaté, du Groupe Pivot Droit et Citoyenneté des femmes, proposede veiller à l’application des lois. De faire des plaidoyers et sensibilisations pour impliquer les femmes dans les questions qui les concernent. Dans son objectif de soutenir les candidatures féminines lors des élections, elle a précisé que le groupe Pivot Droit et Citoyenneté accompagne et finance les femmes candidates.

L’épanouissement des femmes est une nécessité pour le bien-être de la société. Priver une femme de se lancer dans la politique, c’est une violation d’un de ses droits. Alors, au lieu de s’opposer, les hommes doivent soutenir les femmes.

Source/Le reporter par Assan TRAORE

"Cet article est publié avec le soutien de JDH - Journalistes pour les Droits Humains et National Endowment For Democracy- NED ".