Dissolution du collectif Némésis : trois députés insoumis saisissent la justice
- il y a 13 heures
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Elles dénoncent des pancartes racistes, des liens avec des néofascistes violents et des guets-apens planifiés contre des militants de gauche. Ce jeudi, trois députés de La France insoumise ont officiellement saisi la procureure de la République de Paris pour demander la dissolution judiciaire de l’association Némésis.
Dans un courrier daté du 26 février 2025, Mathilde Panot, Ugo Bernalicis et Gabrielle Cathala estiment que le collectif, connu pour ses actions coup de poing féministes identitaires, ne se contente pas de faire du bruit. Selon eux, il s’agirait d’une organisation dont l’activité réelle, violente et répétée, justifierait son interdiction pure et simple.
Pour appuyer leur demande, les élus s’appuient sur l’article 7 de la loi de 1901. Ce texte permet à un tribunal de dissoudre une association si son objet ou ses actions sont illicites ou contraires aux lois. Or, selon les parlementaires, les preuves s’accumulent contre Némésis.
Un guet-apens organisé sur Telegram ?
L’élément le plus frappant du dossier concerne la préparation présumée de violences. Les députés citent une enquête de l’Humanité parue en février 2026. Selon le journal, des échanges sur une boucle Telegram lyonnaise, impliquant des membres de Némésis, évoquaient la possibilité de tendre un piège à des militants politiques de gauche. Des phrases comme « on peut être deux, trois filles à tracter là où vous voulez les choper. Un peu pour faire l’appât » auraient été utilisées.
Pour les trois élus, ce type de discussion ne relève plus de l’opinion, mais bien d’une « dynamique organisée de passage à l’acte ». Ils rappellent que le simple fait de participer à une entente en vue de préparer des violences, même si celles-ci n’ont pas eu lieu, est un délit prévu par l’article 222-14-2 du Code pénal.
Des services d’ordre sous haute tension
Les accusations ne s’arrêtent pas là. Les députés mettent en lumière les relations troubles du collectif avec des groupuscules d’extrême droite radicale. Ils se réfèrent notamment à une enquête de StreetPress de mars 2025. Celle-ci révélait que lors de la manifestation du 8 mars, un membre du service d’ordre de Némésis n’était autre que Louis Nabucet, une figure néofasciste.
Cet individu, ancien de la Division Martel (dissoute en 2023), a été condamné à six mois de prison avec sursis pour violences volontaires à caractère racial. Pour les députés, la présence d’un tel profil dans l’équipe chargée de la sécurité de l’association prouve que Némésis « agit concrètement en réseau avec des individus et structures déjà condamnés pour violence ».
Un autre média, Libération, est également cité pour une enquête de 2021. Celle-ci faisait état de la présence, au sein du service d’ordre de Némésis lors d’une marche de #NousToutes, de membres des Zouaves Paris ou de l’Action Française, parfois munis de bâtons ou de bombes lacrymogènes. Une organisation matérielle qui, selon la saisine, dépasse le cadre d’une simple manifestation pacifique.
Des pancartes qui fâchent
Enfin, les élus reviennent sur les actions de terrain du collectif, qui ont déjà valu à ses militantes des gardes à vue. En septembre 2023, lors de la braderie de Lille, des pancartes islamophobes sont brandies. La même scène se répète un an plus tard au carnaval de Besançon, avec des inscriptions comme « Violeurs étrangers dehors ». Les maires des deux villes avaient porté plainte pour incitation à la haine raciale.
Pour Mathilde Panot et ses collègues, ces actions répétées ne sont pas anodines. Elles démontrent une volonté systématique de stigmatisation et s’inscrivent dans une logique de provocation qui justifierait la dissolution.
La balle est désormais dans le camp de la procureure de la République, à qui il revient d’apprécier si ces éléments, déjà signalés au parquet de Lyon, sont suffisants pour saisir le tribunal judiciaire.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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