Conseil des ministres : le Mali renforce sa sécurité énergétique et son arsenal juridique
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La création d’un stock stratégique de carburant couvrant 45 jours de consommation figure parmi les décisions majeures prises lors du Conseil des ministres du mercredi 1er avril 2026, tenu au Palais de Koulouba sous la présidence du chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta.
Cette mesure intervient dans un contexte où le Mali dépend largement des importations pour satisfaire ses besoins en produits pétroliers. Selon les données présentées au Conseil, les importations ont atteint plus de 2,6 millions de mètres cubes en 2024, en légère hausse par rapport à l’année précédente. Les volumes de gaz butane ont également enregistré une progression notable.
Un mécanisme pour prévenir les crises d’approvisionnement
Face aux perturbations répétées observées dans la sous-région et sur le marché international, le gouvernement a décidé de revoir son dispositif d’approvisionnement énergétique. L’objectif est de renforcer la capacité de stockage et d’éviter toute rupture qui pourrait affecter les secteurs stratégiques comme l’électricité, les transports, les télécommunications ou encore la défense.
Les textes adoptés prévoient ainsi la constitution d’un stock national de sécurité couvrant plusieurs produits essentiels, notamment le super carburant, le gasoil, le carburant aérien Jet A1 et le gaz butane.
Deux nouveaux textes pour lutter contre la criminalité transnationale
Le Conseil a également validé deux projets de loi destinés à renforcer la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants. Ces infractions, qui touchent des dizaines de millions de victimes à travers le monde, constituent une préoccupation croissante pour de nombreux États.
Les nouvelles dispositions visent à adapter le cadre juridique malien aux conventions internationales ratifiées par le pays. Elles doivent notamment corriger certaines lacunes identifiées dans la législation adoptée en 2012 et améliorer les mécanismes de coordination nationale et de coopération internationale.
Une réforme du droit d’auteur à l’ère de l’intelligence artificielle
Autre décision importante : l’adoption d’un projet d’ordonnance révisant le régime de la propriété littéraire et artistique. Cette réforme vise à actualiser la loi en vigueur afin de mieux protéger les créateurs et tenir compte des évolutions technologiques, notamment l’usage croissant de l’intelligence artificielle dans la production culturelle.
L’initiative ambitionne également de soutenir le développement des industries créatives et d’harmoniser la législation nationale avec les engagements régionaux et internationaux.
Plusieurs nominations dans l’administration
Au cours de la session, le gouvernement a procédé à plusieurs nominations au sein de l’administration publique.
Au ministère de l’Économie et des Finances, Mohamed Amara Keita et Mossa Assibit ont été nommés conseillers techniques, tandis qu’Amadou Diakité devient chargé de mission.
Du côté du ministère de l’Industrie et du Commerce, Korotoumou Santara accède au poste de conseillère technique. Amara Nimaga est nommé directeur national des Petites et Moyennes Entreprises et Mariame Maïga prend la tête de l’Agence malienne de Normalisation et de Promotion de la Qualité.
Activités internationales et initiatives nationales
Les membres du gouvernement ont également reçu plusieurs communications portant sur des événements internationaux et des initiatives nationales.
Parmi les annonces, l’élection de la douanière malienne Oumou Traoré Keita à la présidence de la 47e session du Comité de lutte contre la fraude de l’Organisation mondiale des douanes, prévue en 2027 à Bruxelles, a été saluée comme une reconnaissance du rôle croissant du Mali dans ce domaine.
Le Conseil a aussi été informé de la prochaine session du Conseil d’administration du Fonds de solidarité africain prévue à Bamako, ainsi que de la participation du Mali à plusieurs rencontres internationales sur les droits de l’homme, la condition de la femme et le financement des systèmes de santé.
Mobilisation de la jeunesse et vigilance sanitaire
Au plan national, le ministère de la Jeunesse a présenté deux initiatives destinées à renforcer l’engagement citoyen des jeunes, dont le projet « Mon histoire du Sport », qui mettra en lumière le parcours d’anciennes figures sportives, et l’initiative « N’tè N’ta la : Jeunesse, Rempart de la Nation », axée sur la promotion de la paix et du dialogue.
Enfin, le gouvernement a évoqué la situation sanitaire du pays, marquée par une hausse des cas confirmés de dengue. Le chef de l’État a appelé la population à respecter strictement les mesures de prévention afin de limiter la propagation de la maladie.
Cette session du Conseil des ministres illustre la volonté des autorités de la Transition de consolider à la fois la sécurité économique, la gouvernance administrative et les politiques sociales, dans un contexte marqué par de nombreux défis nationaux et internationaux.
Oura KANTE
Malikunafoni
Communiqué du Conseil des ministres, 1er avril 2026.




































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