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CAN 2025 : après la débâcle des Panthères, le football gabonais au cœur d’une tempête politique

  • 2 janv.
  • 2 min de lecture

 

« Ce qui s’est passé dépasse le simple cadre sportif. » Cette phrase, lâchée dans l’entourage du pouvoir à Libreville, résume l’onde de choc provoquée par l’élimination prématurée du Gabon à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. Battues à trois reprises en phase de groupes, les Panthères ont quitté le tournoi par la petite porte, déclenchant une réaction politique d’une rare fermeté.

 

Dimanche 31 décembre, peu après la troisième défaite consécutive de la sélection nationale, une déclaration du ministre par intérim de la Jeunesse et des Sports, Simplice-Désiré Mamboula, est diffusée à la télévision d’État. Le ton est grave, les mots lourds de conséquences : dissolution du staff technique, suspension de l’équipe nationale « jusqu’à nouvel ordre » et mise à l’écart de deux figures majeures du vestiaire, Bruno Ecuele Manga et Pierre-Emerick Aubameyang.

 

Une élimination vécue comme une humiliation nationale

 

La sortie de route du Gabon était actée avant même l’ultime revers face à la Côte d’Ivoire (2-3), championne en titre. Mais c’est surtout la manière — trois défaites, aucune victoire — qui a cristallisé la colère des autorités et d’une partie de l’opinion publique. La défaite contre le Mozambique, le 28 décembre, a servi de point de bascule, transformant une contre-performance sportive en affaire d’État.

 

Le sujet s’est rapidement invité à la table du Conseil des ministres. Dans un communiqué, le président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a dressé un diagnostic sévère. Selon lui, cette débâcle met en lumière des failles profondes : absence de méthode, mauvaise allocation des ressources et dysfonctionnements persistants dans la gouvernance du sport national. Le chef de l’État évoque également une « érosion préoccupante de la fibre patriotique » au sein de la sélection.

 

Une décision controversée et des zones d’ombre

 

Fait troublant, la vidéo du ministre, d’abord largement relayée, a disparu pendant plusieurs heures des plateformes officielles avant de réapparaître le 1er janvier. Aucune communication écrite équivalente n’a, pour l’heure, été publiée sur le site du gouvernement, alimentant interrogations et spéculations sur la portée réelle des sanctions annoncées.

 

La mise à l’écart de Pierre-Emerick Aubameyang, meilleur buteur de l’histoire des Panthères, a particulièrement retenu l’attention. Blessé à la cuisse, l’attaquant de l’Olympique de Marseille n’a pas disputé le dernier match du Gabon et avait été remis à la disposition de son club.

 

Interpellé sur le réseau social X, l’ancien joueur d’Arsenal a tenu à relativiser sa responsabilité : selon lui, les difficultés de la sélection « vont bien au-delà d’un joueur ».

 

Un avenir sportif en suspens

 

Quart de finaliste de la CAN en 1996 et 2012, huitième de finaliste en 2021, le Gabon traverse aujourd’hui une période d’incertitude. Déjà éliminée de la course à la Coupe du monde 2026, la sélection nationale n’a aucune échéance internationale majeure à court terme.

 

Reste désormais à savoir si les décisions annoncées marquent le début d’une refondation profonde du football gabonais ou s’il s’agit d’une réaction politique à chaud. Une chose est sûre : après la CAN 2025, le ballon rond n’est plus seulement une affaire de terrain au Gabon.

Oura KANTE

Malikunafoni

Source : informations rapportées notamment par Le Monde.

 

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