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Cameroun – Infanticides : une année 2025 sous le choc

 

« Quand une société n’arrive plus à protéger ses enfants, c’est toute sa conscience qui vacille. » Cette phrase résume l’alerte lancée sur les plateaux de Vision 4 Télévision à l’occasion de l’émission spéciale Rétro de l’info 2025. Invitée du programme, la journaliste camerounaise Soppi Eyenga a mis en lumière une réalité glaçante : la multiplication des cas d’infanticides enregistrés au Cameroun au cours de l’année écoulée.

 

Une enquête de terrain à l’origine de l’alerte

 

Au cœur de son intervention, un reportage d’enquête qu’elle a elle-même réalisé, nourri de témoignages, de dossiers judiciaires et de récits recueillis dans plusieurs localités. Les faits rapportés dessinent un même schéma : des nourrissons retrouvés sans vie, des familles brisées, et des communautés souvent dépassées par l’ampleur des drames.

 

Selon la journaliste, ces actes ne peuvent être compris uniquement à travers le prisme du crime individuel. Ils s’inscrivent dans des contextes complexes mêlant précarité sociale, grossesses non accompagnées, stigmatisation, et parfois détresse psychologique profonde.

 

Déplacer le regard, au-delà du tribunal

 

Face au présentateur Yannick Efila, Soppi Eyenga a plaidé pour un changement d’approche. Si la justice reste indispensable, elle estime que la réponse ne peut être uniquement répressive. « Il faut interroger ce que notre société fait – ou ne fait pas – pour prévenir ces situations », a-t-elle expliqué, appelant à renforcer les dispositifs de protection de l’enfance, de soutien aux familles vulnérables et de prise en charge en santé mentale.

 

Cette lecture élargie du phénomène met également en cause les défaillances institutionnelles : insuffisance des structures sociales, manque de sensibilisation et silence persistant autour de la maternité en détresse.

 

Un débat désormais public

 

Diffusée sur Vision 4, l’intervention a provoqué de nombreuses réactions, tant sur les réseaux sociaux que dans les cercles médiatiques. Le sujet, longtemps cantonné aux faits divers, s’impose désormais comme une question de société, exigeant une réflexion collective et des réponses coordonnées.

 

Pour Soppi Eyenga, l’enjeu est clair : transformer l’émotion en action. « Informer, c’est aussi prévenir », rappelle-t-elle, espérant que cette alerte contribuera à faire émerger des politiques sociales et éducatives capables d’enrayer ce cycle tragique.

Reste désormais à savoir comment les autorités, les acteurs sociaux et la société civile répondront à cet appel, afin que l’année à venir ne répète pas les drames de 2025.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

 

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