Au ministère de la Justice, quand la culture devient un levier de paix sociale
- malikunafoninet
- 14 janv.
- 3 min de lecture

« Nos traditions ne sont pas des souvenirs figés, ce sont des outils vivants de cohésion. » Cette conviction a donné tout son sens à la cérémonie organisée le lundi 12 janvier 2026 au ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, où le Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a été honoré pour un geste à forte portée symbolique.
Dans un contexte national marqué par la recherche de mécanismes durables de dialogue et d’apaisement, l’initiative a mis en lumière un pilier souvent discret mais essentiel de la société malienne : le cousinage à plaisanterie.
Une reconnaissance née d’un geste institutionnel inhabituel
À l’origine de cette distinction, un acte posé quelques semaines plus tôt par le ministre lui-même. Lors de la cérémonie de présentation des vœux du personnel, le Garde des Sceaux avait tenu à remettre une distinction artistique collective aux membres de la famille COULIBALY de l’appareil judiciaire, saluant leur contribution au climat de convivialité et de solidarité au sein des institutions.
Un geste qui a marqué les esprits, au point de susciter une réponse collective. C’est ainsi que la grande famille COULIBALY, par la voix de ses représentants, a décidé d’exprimer publiquement sa reconnaissance.
Un hommage porté par la communauté judiciaire
Réunis dans la salle de conférence du ministère, les acteurs de la cérémonie ont tenu à souligner la portée sociale de cette démarche. L’attestation de reconnaissance a été remise au ministre par Mody Kantara Coulibaly, président de l’Ordre des experts judiciaires du Mali, agissant comme porte-parole de la famille.
Pour les initiateurs, l’acte du ministre dépasse le cadre protocolaire. Il s’inscrit dans une volonté assumée de réhabiliter les valeurs culturelles comme instruments de régulation sociale, y compris au sein de l’administration publique.
Le cousinage à plaisanterie, une tradition au cœur du vivre-ensemble
Prenant la parole, Dr Issoufou Z. Coulibaly, membre du Conseil national de Transition, a rappelé que le cousinage à plaisanterie n’est pas une simple pratique folklorique. Il constitue, selon lui, un héritage historique qui a contribué, à travers les siècles, à prévenir les conflits, favoriser la tolérance et maintenir la paix entre communautés.
Un message qui résonne particulièrement dans un pays où les défis de cohésion appellent des réponses à la fois modernes et enracinées dans les réalités locales.
Le ministre plaide pour les mécanismes endogènes de paix
En retour, le Garde des Sceaux a accueilli cette distinction comme un encouragement. Il a insisté sur la responsabilité des institutions à valoriser les mécanismes traditionnels de médiation et de prévention des conflits, estimant que le droit moderne gagne à dialoguer avec les pratiques sociales éprouvées.
Pour lui, le cousinage à plaisanterie demeure un outil pertinent de désescalade, y compris dans les environnements professionnels et institutionnels, lorsqu’il est compris et respecté dans son esprit.
Un moment de partage pour clore la cérémonie
La rencontre s’est achevée dans une atmosphère conviviale autour du Chô, plat traditionnel de haricots, symbole de fraternité et d’unité. Un geste simple, mais cohérent avec l’esprit de la cérémonie : rappeler que la paix sociale se construit aussi dans les gestes du quotidien.
Au-delà de l’hommage rendu à un homme, cette cérémonie pose une question plus large : comment intégrer durablement les valeurs culturelles dans la gouvernance moderne ?
Un débat appelé à se poursuivre, bien au-delà des murs du ministère.
Oura KANTE
Malikunafoni










































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