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Abidjan tranche : une condamnation qui dépasse le cas Gassama

 

« Trois ans de prison ferme. » C’est par cette décision nette que le tribunal correctionnel d’Abidjan a clos, ce vendredi 30 janvier 2026, le dossier judiciaire impliquant Mamadou Hawa Gassama. L’ancien député malien, aujourd’hui membre du Conseil national de Transition (CNT), écope également d’une amende de 5 millions de francs CFA.

 

Au cœur de cette affaire : des propos diffusés sur les réseaux sociaux et jugés offensants à l’égard du chef de l’État ivoirien. Malgré une ligne de défense axée sur la reconnaissance des faits et des excuses publiques formulées par l’intermédiaire de son avocat, Me Mamadou Ismaïla Konaté, la juridiction ivoirienne a estimé que les éléments constitutifs des infractions étaient établis.

 

Une peine en deçà des réquisitions, mais un signal fort

 

Le ministère public avait initialement requis cinq années de réclusion. Le tribunal a finalement opté pour une sanction moins lourde sur le plan carcéral, tout en alourdissant sensiblement la sanction financière, multipliée par dix par rapport aux réquisitions initiales.

 

Cette combinaison – peine ferme et amende élevée – traduit, selon plusieurs observateurs, la volonté des autorités judiciaires ivoiriennes d’affirmer une tolérance zéro face aux dérives numériques visant les institutions et les symboles de l’État.

 

Un dossier suivi des deux côtés de la frontière

 

À Bamako comme à Abidjan, la décision était attendue. Le profil du condamné, figure politique connue au Mali, confère à cette affaire une dimension diplomatique et symbolique qui dépasse le simple cadre judiciaire. Elle rappelle aussi les risques encourus par les acteurs publics lorsqu’ils s’expriment sur des plateformes numériques hors de leur juridiction nationale.

 

La défense, pour sa part, n’exclut pas une procédure d’appel, dans l’attente de la notification complète du jugement et de ses motivations détaillées.

 

Une affaire révélatrice des nouveaux équilibres judiciaires

 

Au-delà du sort personnel de Mamadou Hawa Gassama, ce verdict s’inscrit dans un contexte régional marqué par un durcissement des réponses judiciaires face aux discours jugés attentatoires à l’autorité de l’État, notamment en ligne.

 

La suite dépendra désormais des choix procéduraux de la défense, mais aussi des réactions politiques et institutionnelles que cette décision pourrait susciter dans les jours à venir, de part et d’autre de la frontière.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

 

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