ÉDUCATION : 5 ANS DE TRANSITION, UN BILAN CHIFFRÉ ET DES ENTHOUSIASMES
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« Nous avons stabilisé l’école malienne. » La déclaration, sobre, a résonné jeudi dernier dans la salle de conférence où le ministre de l’Éducation nationale, Dr Amadou SY SAVANE, et son collègue de l’Enseignement supérieur, Pr Bouréma KANSAYE, ont dressé le bilan des cinq années de Transition. Devant eux, des représentants des syndicats, des parents d’élèves, des promoteurs privés et des retraités. Tous sont venus voir les chiffres. Tous sont repartis avec un sentiment partagé : celui d’une école qui, après des années de turbulences, aurait retrouvé une trajectoire.
Des classes et des tables pour 2 230 salles réhabilitées
Le ministre SY SAVANE a posé les jalons du récit : 2 230 salles de classe réhabilitées à travers le pays, 1 104 nouvelles salles déjà sorties de terre ou en chantier. À cela s’ajoutent 67 000 tables-bancs livrés, des lycées d’excellence en construction, et des instituts de formation des maîtres (IFM) et professionnels (IFP) qui commencent à émerger. Des chiffres qui, pour les acteurs de l’école, ne sont pas de simples statistiques.
« Ce n’est pas que du béton, c’est un signal fort », a commenté un représentant de l’association des parents d’élèves. Derrière ces investissements, une intention : offrir un cadre digne d’apprentissage, sortir des salles bondées ou délabrées, et permettre aux enseignants de travailler dans des conditions moins précaires.
Une école en quête de souveraineté
Mais le ministre ne s’est pas arrêté aux murs. Il a évoqué des réformes structurelles engagées pour redessiner les contenus pédagogiques, et l’irruption du numérique dans la gestion scolaire – une manière, a-t-il dit, de gagner en transparence et en efficacité. Il a aussi insisté sur la sécurisation des examens, sujet sensible dans un pays où les fraudes ont longtemps jeté le doute sur la crédibilité des diplômes.
Derrière ces chantiers, une vision globale : celle d’une « École nouvelle », placée sous le leadership du Général Assimi GOÏTA. Une école qui forme les compétences dont le Mali a besoin pour son développement économique, social et culturel. Un discours de souveraineté pédagogique qui a visiblement séduit la salle.
Les syndicats applaudissent, la prudence demeure
Les partenaires de l’école, souvent critiques, ont cette fois salué un travail de fond. Les syndicats ont reconnu la « stabilisation » du système, un terme rare dans leur bouche. Les retraités ont rappelé que ces investissements tardaient depuis des décennies. Les promoteurs d’établissements privés, quant à eux, ont vu dans cette dynamique une reconnaissance du rôle de tous les acteurs.
Le ton général était à l’optimisme mesuré. « Nous sommes en marche, mais le chemin est long », a tempéré un enseignant. Le ministre SY SAVANE a promis de poursuivre cette transformation profonde, avec une ambition : bâtir une école inclusive, performante, et résolument moderne.
Une transition qui laisse des traces
Pour le ministre, ce bilan est une étape. Il ne cache pas que la route est encore semée d’embûches, mais il affirme que la direction est prise. La conférence de jeudi était aussi un moment de redevabilité : rendre compte à ceux qui vivent l’école au quotidien.
Prochaine étape ? Les acteurs attendent désormais que ces promesses se concrétisent sur le terrain, que les chiffres annoncés deviennent des réalités palpables. L’éducation étant le socle de tout développement, c’est tout un pays qui se tient en observation.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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