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TOKTEN : la science made in Mali trouve un ancrage permanent

 

980 missions d’expertise réalisées par des Maliens de l’étranger en moins de cinq ans. Le chiffre a de quoi surprendre. Il témoigne surtout d’une dynamique silencieuse mais réelle : celle d’un État qui apprend à mobiliser autrement ses compétences exilées. Ce mardi 10 février, Mossa AG ATTAHER avait un dossier épais sous les yeux. Devant les membres du Comité de Pilotage réunis pour la première fois, le Ministre des Maliens établis à l’Extérieur a ouvert la séance sans discours solennel. L’heure était au bilan.

 

Derrière les 179 structures nationales accompagnées et les 47 doctorants formés se dessine une stratégie. Celle d’un pays qui cesse de considérer sa diaspora comme une simple source de transferts financiers pour en faire un levier d’expertise.

 

La bascule s’est jouée en septembre 2025. Un décret — le n°2025/0658/PM-RM — a sorti le programme TOKTEN de son statut expérimental. La Cellule devient permanente. Les cerveaux partis étudier ou travailler à l’étranger ne sont plus perçus comme une perte sèche, mais comme une ressource à activer.

 

Le ministre a tenu à souligner un point rarement mis en avant : le rôle du PNUD dans cette mue. L’agence onusienne n’a pas seulement apporté des financements. Elle a aidé l’administration malienne à concevoir des mécanismes de collaboration viables, adaptés aux réalités du terrain. Une coopération technique discrète mais décisive.

 

Pour 2026, la feuille de route adoptée hier élargit le champ d’action. Au programme : renforcement des compétences locales — priorité affichée —, accompagnement au retour économique des expatriés, et développement des coopérations entre collectivités territoriales maliennes et villes d’accueil de la diaspora.

 

Un point a particulièrement retenu l’attention : la prévention de la migration irrégulière. L’idée n’est pas nouvelle, mais elle prend ici une forme concrète. L’expertise des nationaux expatriés devient un outil pour offrir aux jeunes des perspectives visibles, tangibles. Montrer que le Mali peut aussi être un territoire de réalisation professionnelle.

 

En refermant la session, Mossa AG ATTAHER a pris le temps de saluer individuellement les membres de l’équipe. Un geste rare, presque intime, dans la mécanique habituelle des réunions ministérielles. Manière de dire que ces résultats ne doivent rien au hasard.

 

La question qui reste en suspens : comment amplifier ce mouvement sans le dénaturer ? Le passage à l’échelle est toujours le moment délicat des politiques publiques. La Cellule TOKTEN entre aujourd’hui dans cette zone d’incertitude propre à toutes les institutions qui quittent le laboratoire pour affronter le réel.

 

Oura KANTE

Malikunafoni

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