Sécurité alimentaire : à Safo, la pisciculture soutenue par l’État prend de l’ampleur
- il y a 2 jours
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« Les premiers résultats sont visibles et les populations commencent déjà à en bénéficier. » Ce constat a marqué la visite effectuée dans la commune rurale de Safo par les ministres en charge de l’Environnement et de la Pêche, venus apprécier les avancées de plusieurs initiatives destinées à renforcer la production halieutique nationale.
La délégation, conduite par la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mariam Doumbia Tangara, et le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Bah, s’est notamment rendue au Centre agro-piscicole Espoir Jeunes du Mali ainsi qu’à une poissonnerie moderne implantée dans la localité. Ces installations figurent parmi les projets soutenus dans le cadre du Projet de restauration des terres dégradées (PRTD), un programme financé par la Banque mondiale et orienté vers le renforcement des moyens de subsistance face aux effets du changement climatique.
Au cœur de cette initiative se trouve la promotion d’alliances productives dans le secteur piscicole. Pour sélectionner les projets, un appel à candidatures a mobilisé un grand nombre d’entrepreneurs et d’acteurs de la filière. Sur plus de 900 dossiers déposés, plusieurs centaines de plans d’affaires ont finalement été retenus, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur du poisson, de la production à la commercialisation, en passant par la transformation et la conservation.
Parmi ces initiatives figure le Centre agro-piscicole Espoir Jeunes du Mali, un projet évalué à environ 75 millions de francs CFA. L’ambition est de constituer une véritable banque de géniteurs destinée à soutenir la production piscicole. À partir de 2027, le centre prévoit de produire semestriellement près de 200 000 géniteurs, principalement des espèces Clarias et Tilapia. À terme, les responsables tablent sur un chiffre d’affaires annuel estimé à plus d’un demi-milliard de francs CFA et la création d’emplois permanents.
Non loin de là, la poissonnerie moderne de Safo illustre la volonté d’améliorer la distribution locale du poisson frais. Grâce à un investissement dépassant les 70 millions de francs CFA, l’infrastructure permet déjà la vente régulière de plusieurs tonnes de poisson chaque mois tout en générant des emplois et une activité commerciale en croissance.
Au-delà de ces deux exemples, l’appui du projet a favorisé l’émergence de nombreuses initiatives dans la filière : écloseries pour la production d’alevins, sites de production piscicole, unités de transformation, points de vente modernes ou encore infrastructures de conservation. Ces investissements commencent à produire des effets tangibles, avec l’arrivée progressive de poissons issus des fermes locales sur les marchés.
Selon les responsables du programme, les performances techniques enregistrées par certains producteurs témoignent également des progrès réalisés. Dans plusieurs exploitations accompagnées, le cycle de croissance des poissons s’est raccourci, permettant d’atteindre un poids commercial d’environ un kilogramme en moins de quatre mois, contre six à sept auparavant.
Au total, les activités soutenues par le projet ont déjà permis la création de milliers d’emplois directs et indirects, tout en renforçant la disponibilité du poisson sur le marché national. Une dynamique qui pourrait, à terme, contribuer à réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations de poissons congelés.
À l’issue de la visite, les deux ministres ont salué l’engagement des autorités de la Transition et l’accompagnement de la Banque mondiale, estimant que ces initiatives constituent un levier important pour renforcer la sécurité alimentaire et améliorer les conditions de vie des populations.
Si la dynamique se poursuit, la pisciculture pourrait ainsi s’imposer comme l’un des piliers émergents de l’économie rurale et de l’autosuffisance alimentaire au Mali.
Oura KANTE
Malikunafoni




































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